
Habiter à proximité d'un aéroport, c'est être exposé quotidiennement – et même la nuit, pour beaucoup – à des nuisances sonores nécessitant quelques travaux d'isolation phonique, notamment au niveau des portes et des fenêtres. BFMTV a tendu son micro à un habitant de Roissy-en-France, Zénon, qui confirme : «On entend un avion passer toutes les cinq minutes. Parfois, on a l'impression qu'ils passent juste au-dessus du toit de la maison». En guise de coup de pouce, les riverains concernés peuvent solliciter le «fonds bruit», des aides publiques pour leurs travaux.
Egalement questionné par BFMTV, Alain témoigne : «Des ouvriers ont refait tout le cadre. Leur intervention comprenait toutes les portes et la baie vitrée. Ça occulte les bruits, c'est formidable». Montant de sa facture : 12 000 euros, réglés grâce au fonds bruit, lui-même financé par une taxe que paient les compagnies aériennes. «C'est le mécanisme de la taxe pollueur-payeur. On fait payer des compagnies sur des avions de plus de 2 tonnes. Ça permet aux habitants situés aux alentours des aéroports de faire des travaux d'insonorisation», développe l'économiste Michel Ruimy.
Une mesure qui rapporterait 80 millions d'euros
Seulement voilà : le fonds bruit pourrait subir un sérieux coup de rabot de la part de l'Etat, qui tente de grappiller des économies où il le peut dans le cadre du budget 2026. Et si ce fonds a attiré son attention, c'est parce que les demandes sont de moins en moins fréquentes. Et tant pis si cette mesure ne lui rapporterait que 80 millions d'euros sur les près de 40 milliards nécessaires. Pour Ghislain Gagny, membre d'une association de lutte contre les nuisances sonores : «C'est un scandale, car il y a des tas de gens qui souffrent de ça. Il y a des écoles, des hôpitaux qui ne sont pas insonorisés. Et s'il y a de l'argent qui reste dans ce fonds, il peut être utilisé pour protéger les riverains qui en souffrent !»
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