Le statu quo ne profite pas toujours à tous. À l’occasion des concertations sur la réforme des retraites, une décision a déjà été prise : rien ne changera pour les modalités de calcul de la retraite des fonctionnaires. Son montant continuera d'être calculé sur la base du traitement (hors primes et indemnités) perçu dans les six derniers mois de la carrière. Souvent, ce mode de calcul, et plus globalement la retraite des fonctionnaires, est considérée comme plus avantageuse que celle du privé. On pourrait alors penser que si les règles du privé - comme le calcul de la pension sur les 25 meilleures années de la carrière - étaient étendues au public, tous les fonctionnaires seraient perdants.

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Un dossier de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publié ce jeudi 17 novembre, montre que ce constat est beaucoup plus nuancé et qu’il peut même être faux dans certains cas. Elle a étudié les fonctionnaires sédentaires (hors catégories actives qui peuvent partir plus tôt à la retraite) de la génération 1958 et leur a appliqué les règles du régime des salariés du privé. Il en ressort que 62% de ce panel (composé de 88.882 individus) seraient gagnants en cas d’alignement sur le privé, 32% seraient pénalisés et autour de 6% ne connaîtraient aucune évolution. Toujours en moyenne, les pensions de ces fonctionnaires seraient rehaussées de 1,5%. “Il n’y aurait donc pas d’iniquité manifeste au niveau global”, constate la Drees.

Resserrer les écarts de pensions

Plusieurs critères sont à prendre en compte pour expliquer ces effets. Aujourd’hui, la pension des fonctionnaires est constituée principalement d’une retraite de base, complétée par la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP). Si les fonctionnaires s’alignaient sur le privé, leur retraite de base serait moins importante. Ils toucheraient en plus une retraite complémentaire Agirc-Arrco. Or “l’effet de la complémentaire Agirc-Arrco est nécessairement très positif car elle se substitue à une pension RAFP nettement plus faible par construction”, relève l’étude. Ce changement rehausserait la pension de 34,4%. Cet avantage serait contrebalancé par un taux de remplacement - soit la différence entre le dernier revenu et la pension - qui serait moins important, passant de 75% (règle dans le public) à 50% (règle dans le privé). Ce qui entraînerait une baisse de pension de 26%.

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