
C’est une affaire judiciaire hors norme qui secoue le monde du travail outre-Manche. Après un quart de siècle passé sans prendre le moindre jour de repos, un employé licencié a réussi à faire plier son ex-employeur devant les tribunaux. A la clé : un chèque avoisinant le demi-million d’euros. L'histoire de Mossadek Ageli, racontée par le journal britannique The Telegraph, et repérée par La Dépêche, tient de l’incroyable. Embauché en 1987 au sein d’une société immobilière, cet employé a fait preuve d’une loyauté sans borne. Pendant 25 ans, il n'a jamais quitté son poste pour profiter de vacances.
Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé. L’entreprise, régulièrement en sous-effectif, rejetait systématiquement ses demandes de congés. Face à cette impasse, l’employé avait fini par conclure un accord informel avec la direction générale : renoncer à ses vacances en échange du paiement ultérieur de ses jours accumulés. Mais tout bascule en 2022. A la suite d'un changement de direction, l'ambiance se dégrade et le rôle de Mossadek Ageli est progressivement réduit. En 2024, la sentence tombe : il est licencié sans préavis.
Un total de 827 jours de repos
Au moment de solder les comptes, l'entreprise refuse d'honorer l'ancien accord et de lui payer ses jours de congé jamais pris. Le calcul est pourtant vertigineux : en deux décennies et demie de labeur ininterrompu, le salarié avait accumulé un crédit de 827 jours de repos. Devant le refus de son ex-employeur, Mossadek Ageli a porté l'affaire devant la justice britannique. Le tribunal a non seulement reconnu les «mauvais traitements» subis par l'employé, mais a également validé la légitimité de ses revendications financières.
Le verdict est sans appel: l'entreprise a été condamnée à verser la totalité des congés dus, assortis d'indemnités de licenciement. Au total, l’ancien salarié a perçu la somme de 392 000 livres sterling, soit environ 460 000 euros. Cette décision retentissante rappelle une règle d’or aux employeurs : le droit au repos est sacré et les dettes de congés, même accumulées sur des décennies, finissent toujours par se payer au prix fort.


















