
Le salariat, ascenseur social par excellence ? C’est en tout cas le constat fait par l’Insee dans sa dernière étude publiée ce 31 juillet. «Quel que soit le niveau d’emploi exercé, les salariés, femmes comme hommes, sont plus souvent en ascension sociale que les indépendants», abonde l’institut de statistiques. Dit autrement, cela signifie que les salariés occupent plus fréquemment des postes plus qualifiés – et donc mieux rémunérés – que leurs parents. En s’y penchant de plus près, l’institut dresse même le portrait-robot de ceux qui ont le plus de chances de grimper les échelons : il s’agit le plus souvent d’un homme, très diplômé et issu de parents immigrés étrangers.
Les études multiplient par 6 vos chances d’ascension sociale
Le niveau d’études reste la clé qui vous ouvre le plus de portes. En clair, plus vous grimpez dans votre cursus post-bac, plus vous avez de chances de dépasser la position professionnelle de vos parents. Un bac+3 (ou plus) multiplie par 4,9 vos chances de grimper au-dessus du statut de votre mère, et par 6,3 vos chances de progresser par rapport à celui de votre père, comparé à quelqu’un qui s’est arrêté au bac.
Mais attention, diplôme ne rime pas toujours avec réussite sociale. Le genre reste un frein de taille. Car à profil égal, les hommes ont 70% de chances de plus que les femmes de gravir les échelons. L’étude ne s’attarde pas sur les raisons mais elles sont bien connues. Comme le rappelait un billet du blog de l’Insee en mars dernier, discriminations et stéréotypes continuent de plomber les carrières féminines, limitant leur progression, leur statut… et donc leurs revenus.
Autre levier : l’origine immigrée. L’institut montre que les enfants d’immigrés ont 40% de chances de plus d’occuper un statut supérieur à celui de leur mère, et 20% par rapport à leur père. Pourquoi ? Parce que les immigrés occupent souvent des statuts sociaux plus bas que les personnes nées en France, ce qui facilite mécaniquement l’ascension sociale. En revanche, s’élever socialement ne signifie pas rattraper l’ensemble de la population. Les discriminations à l’embauche persistent et l’emploi reste le principal tremplin pour ceux qui n’ont pas de patrimoine à transmettre. Or, l’accès au marché du travail est loin d’être égal : en 2023, le chômage touchait 11,2% des immigrés, contre 6,5% des personnes nées en France sans ascendance migratoire, rappelle l’Insee. Pour certains, l’ascenseur social est plus difficile à attraper que pour d’autres.


















