Décrocher un nouveau poste peut parfois virer au parcours du combattant. Entretiens d’embauche qui se multiplient, délais de réponse à rallonge, processus interminables… Les délais de recrutement des entreprises sont souvent très élevés, surtout dans le contexte économique actuel, marqué par le recul du nombre d'embauches prévues en 2025. Pour autant, les délais de recrutement varient considérablement selon les secteurs d’activité. C’est ce que révèle une étude récente publiée par l’entreprise Tellent, leader européen en matière de technologie RH à destination des entreprises, menée auprès de 524 entreprises françaises sur la base de l’analyse de près de 15 000 offres d”emploi et de 1,7 million de candidatures. Voici donc les secteurs d'activité où les délais de recrutement sont les plus longs, et ceux au contraire où il est plus facile de trouver un poste rapidement.

Premier enseignement de l’étude, le délai moyen de recrutement des entreprises en 2024 s’élevait à 40 jours, tous secteurs confondus. On parle ici du temps écoulé entre la date à laquelle un candidat envoie une candidature et la réponse positive définitive du recruteur. Dans ce laps de temps, une fois les candidatures traitées, les recruteurs et entreprises mènent en moyenne huit entretiens avant de pourvoir un poste. La France fait figure de mauvais élève dans ce domaine puisque selon une étude menée par Linkedin, la norme internationale est plutôt de 4 entretiens par recrutement.

Une «bureaucratisation croissante des processus de recrutement»

Avec un délai moyen estimé à 51 jours, l’enseignement arrive en tête des secteurs où les délais de recrutement sont les plus longs, accompagné du milieu de la Culture et du divertissement . Suivent les secteurs des services informatiques et logiciels (49 jours), du digital (49 jours également), du numérique (45 jours) et de l’agroalimentaire (45 jours). «L’aversion au risque et le coût d’une erreur de recrutement, comme la rupture d’un CDI ou le coût d’un licenciement, allongent considérablement les délais de recrutement, avance Clotilde Mérillon, Global HR Business Partner de Tellent. La bureaucratisation croissante des processus de recrutement, avec la multiplication des entretiens et des validations hiérarchiques nécessaires, contribuent également à allonger ces délais.» Autant de maux dont ne semblent pas souffrir certains secteurs, tels que le milieu associatif (16 jours de délai), de l’énergie (15 jours) et du bien-être (13 jours).

Problème, ces lourdeurs administratives sont de moins en moins acceptées par les candidats. D’après l’étude, environ 30% d’entre eux abandonnent en effet leur candidature en cours de route, principalement à cause de la durée et de la complexité du processus. Dans certains secteurs d’activité, comme le numérique, la finance ou le tourisme, ce taux d'abandon dépasse même la barre des 40%. Un chiffre alarmant, à l’heure où les entreprises peinent déjà à recruter. «Réduire le nombre d’entretiens ne veut pas dire sacrifier la qualité du processus, poursuit Clotilde Mérillon. Au contraire, structurer les échanges et privilégier les entretiens collectifs permettrait de gagner en efficacité