
Vous avez peut-être déjà entendu parler du «catfishing» ? Cette pratique, popularisée sur les réseaux sociaux, est utilisée par les escrocs très généralement pour soutirer de l’argent à leurs victimes. Une personne crée en effet un personnage fictif avec une fausse identité ou une fausse photo de profil pour duper l’autre internaute. Mais cette technique est aujourd’hui utilisée dans le monde du travail, rapporte Midi Libre. Il s’agit plus précisément du «career catfishing». Dans ce cas précis, la tendance ne vise pas à arnaquer une entreprise.
En revanche, elle irrite au plus haut point les employeurs. Pourquoi ? Parce que les candidats, après avoir franchi les nombreuses étapes de recrutement, ne donnent plus signe de vie à la fin du processus ou au moment de prendre leur poste. Et depuis quelques mois, ce sont plus particulièrement les jeunes qui s’adonnent au «career catfishing». Ce qui agace le plus les entreprises, c’est que ces candidats, qui se montraient très intéressés par un poste, ne préviennent même pas qu’ils ne viendront pas ou qu’ils ont trouvé autre chose.
Presque un tiers des salariés a déjà pratiqué le «career catfishing»
D’après une enquête de la société spécialisée dans le recrutement, CV Genius, citée par nos confrères, plus d’un tiers des 1 000 salariés britanniques interrogés (millennials ou génération Z) ont déjà lâché leur employeur au dernier moment. Le chiffre est somme toute équivalent aux Etats-Unis (29%) selon un sondage mené par PapersOwl. Pire, selon ce sondage, 31% ont admis avoir quitté leur emploi seulement un jour après leur prise de poste et 20% ont au moins un ami qui a fait de même.
Mais quels sont leurs arguments ? On pourrait penser que beaucoup trouvent un autre emploi en parallèle qu’ils trouvent plus intéressant. En réalité, la vérité semble ailleurs. Certains veulent tester les limites du processus de recrutement. D’autres semblent apeurés de prendre un poste au dernier moment. Il y a enfin ceux qui estiment par exemple que leur rémunération n’est pas assez conséquente par rapport à leurs qualifications.
De «ghosté» à «ghosteur», il n’y a qu’un pas
Il y a peut-être aussi cette notion de vengeance des candidats alors que beaucoup n’ont jamais de réponse des employeurs après un processus de recrutement : ils sont «ghostés». En 2024, une enquête menée par Indeed-OpinionWay soulignait que près d’un employeur sur deux pratiquait le «ghosting», à savoir laisser un candidat sans réponse. L’arroseur arrosé, penseront certains ? Attention tout de même à cette pratique qui peut se retourner contre le salarié qui se croit en position de force. Les entreprises se connaissent et se parlent, tandis que les DRH changent souvent d’entreprises…


















