Boire un verre de vin lors d’un pot entre collègues ou trinquer à la fin d’un séminaire ne fera bientôt plus partie des habitudes chez EDF. A compter du 1ᵉʳ janvier, le groupe public instaurera une interdiction totale de l’alcool, aussi bien sur ses sites que lors des événements organisés à l’extérieur. Une mesure radicale qui marque la fin d’une tolérance longtemps admise dans de nombreuses entreprises françaises, alors que la loi française autorise la consommation d’alcools dits «légers» – vin, bière, cidre ou poiré – sur le lieu de travail.

Selon les informations révélées par Politico, plus aucun verre d’alcool ne sera accepté dans les locaux de l’entreprise, ni sur les salons où elle expose, ni lors des repas d’affaires organisés ou financés par le groupe. Même les notes de frais intégrant de l’alcool seront désormais refusées. Certaines filiales de l’énergéticien appliquaient déjà cette règle, mais elle devient désormais un standard pour l’ensemble du groupe. Séminaires, soirées d’entreprise, vœux du nouvel an : dans tous ces contextes, les salariés devront donc désormais se contenter de boissons sans alcool.

Une mesure qui laisse les salariés perplexes

Cette décision, actée en septembre par le Comité exécutif, répond selon la direction à un impératif «d’équité», indique le journal Les Echos ce lundi 24 novembre. L’alcool était en effet déjà strictement prohibé sur les sites industriels, où les règles de sécurité sont particulièrement exigeantes. L’entreprise précise également que l’enjeu de «santé publique» a pesé dans le choix d’interdire l’alcool sur tout le périmètre du groupe.

Une seule exception subsistera : lors d’événements impliquant des partenaires externes (clients, prospects…), un membre du Comex pourra exceptionnellement autoriser la présence d’alcool, «avec modération». Si la préservation de la santé des employés fait consensus, la démarche suscite néanmoins quelques critiques. Pour Amélie Henri, déléguée syndicale centrale CFE-CGC, l’objectif est «partagé par toutes les parties», mais elle estime que la direction devrait aussi s’attaquer de front aux conditions de travail, parfois tendues depuis la mise en place d’un plan d’économies d’un milliard d’euros d’ici 2030. D’autres salariés se montrent sceptiques : «En bannissant l’alcool, je me demande si l’objectif n’est pas avant tout de faire des économies», confie une employée auprès de nos confrères.