
Que ce soit en Asie, aux Etats-Unis ou même en Europe, l’expatriation continue de faire rêver bon nombre de Français. Au 31 décembre 2024, ils étaient officiellement 1 741 942 à être établis à l’étranger mais l’estimation s’élève plutôt à 2,5 millions, l’inscription au registre des Français établis hors de France n’étant pas obligatoire. En tout cas, leur situation financière se portent plutôt bien si l’on en croit les résultats du baromètre Expat Communication 2025. «Leurs salaires s'améliorent, analyse Alix Carnot, directrice associée d’Expat Communication. À l’international, ils ont plus de responsabilités, de meilleurs salaires et donc un meilleur niveau de vie».
Un booster d’épargne
Si 75% des expatriés français interrogés décrivent leur situation financière comme confortable ou équilibrée, une majorité va même plus loin en considérant l’expatriation comme un booster d’épargne (53 %). «Les expatriés épargnent plus que s’ils étaient restés en France, ajoute Alix Carnot. Les placements se répartissent de manière relativement équilibrée entre le pays d’accueil (35 %) et le pays d’origine (39 %)». Seuls 20% des répondants déclarent ne rien mettre de côté, une proportion qui concerne principalement les retraités. Les personnes interviewées évoquent un «meilleur pouvoir d’achat», une «meilleure épargne», un «pays plus accueillant et sans matraquage fiscal et réglementaire permanent» et «un montant de retraite plus important qu’en France».
Un avenir incertain
Si les voyants sont au vert pour les salaires et la capacité d’épargne, la situation des expat' n'est pas toujours aussi positive à plus long terme : seuls 28% se sentent sécurisés pour leur retraite, révélant une inquiétude profonde quant à leur avenir financier. «Il y a un vrai décalage entre les années d’expatriation avec une amélioration de la qualité de vie et une situation financière à long terme qui peut se détériorer, souligne Alix Carnot. Certains expatriés oublient d’anticiper, notamment pour la retraite ou sur des questions de testaments ou d'organisations patrimoniales. Or selon les pays, c’est un sujet complexe car certains dépendent de conventions».
Côté transmission du patrimoine, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 57% des expatriés sondés n’ont pris aucune disposition. Seulement 17% ont eu recours à une donation, 11% à une assurance vie. Plus symptomatique, 71% des personnes interrogées n’ont pas rédigé de testament, alors même que les règles de succession applicables à leur situation sont floues, voire inconnues. «Toute situation doit être expertisée par un notaire, un fiscaliste, un conseiller patrimonial spécialisé ou même un banquier spécialisé», prévient la directrice associée d’Expat Communication. Un bon conseil pour éviter toute mauvaise surprise.


















