
Mauvaise nouvelle pour les salaires des Français. Les voyants sont globalement au rouge dans une majorité des entreprises en 2025. Ce constat est fait par le cabinet Mercer France qui, dans sa dernière étude, fait état d’une forte baisse du budget alloué aux augmentations de salaire, relaie RMC. En un an, il est passé de 4% à 2,5% après pourtant deux années de hausse. Résultat : de nombreux salariés ne verront pas leur salaire augmenter cette année ou, du moins, l’augmentation sera très limitée, peut-on apprendre.
Cette étude sur les négociations annuelles obligatoires (NAO) montre que le budget médian est «en net recul», précise Sud Ouest, d’autant que près de 7% des entreprises ont gelé tout ou partie des salaires. Selon Mercer France, c’est «du jamais-vu depuis 2021». Toujours selon cette étude, les augmentations de salaire générales sont réservées aux non-cadres et se trouvent à un niveau «historiquement bas» avec une médiane à 0,2%.
Des NAO conclues très tardivement
Plus globalement, ces chiffres s’inscrivent dans un climat social «plus tendu», précise Mercer France, avec plus de huit entreprises sur dix qui ont finalisé leurs NAO à la fin du mois de mars. Le cabinet note «21 % de PV de désaccord, soit trois points de plus qu’en 2024». Interrogée par RMC à La Défense, une salariée d’une grande banque avoue que sa demande d’augmentation n’a pas été acceptée. «On se fait moins plaisir, notre pouvoir d’achat baisse. Et du coup, on voyage moins et on consomme moins», avoue-t-elle.
Un autre salarié travaillant dans une entreprise d’audit financier reconnaît que l’absence d’augmentations collectives a créé des «mécontentements», d’autant que la société a eu de très bons résultats. Il fait partie des seuls ayant été augmentés. Réalisée auprès de 222 entreprises implantées en France entre octobre 2024 et mars 2025, cette enquête est révélatrice du climat actuel dans le pays, note auprès de RMC, le président de la société de conseil NewBridges.
Pas plus d’augmentations en 2026
Interrogé par la radio ce jeudi 10 juillet, Jean-Christophe Sciberras évoque un «contexte économique compliqué avec beaucoup d’incertitudes avec de grosses difficultés dans certains secteurs comme la chimie, le commerce de détail, la restauration». L’autre raison est la sortie d’une période d’inflation douloureuse, confirme un expert RH et DRH. Après deux années marquées par l’inflation et des revalorisations de salaires, il y a «moins de raison de faire des augmentations générales trop importantes», décrypte-t-il. Et la situation ne devrait pas s’arranger en 2026.

















