
Sommaire
- Les contrats en euros ont été remplacés par des contrats multisupports, plus diversifiés
- Composition d’un fonds en euros sans risque
- Dans les contrats multisupports, un fonds en euros sans risque, plus des supports dynamiques
- Les contrats eurocroissance sont pour ceux qui croient à la réussite des PME françaises
- Le contrat de capitalisation, un produit réservé au conjoint ou au pacsé
- La rente survie, pour aider financièrement une personne proche atteinte d’une infirmité
- L’épargne handicap offre 25% de réduction d’impôts sur les versements d’argent effectués
Les assureurs proposent un large éventail de contrats, de sorte que chaque souscripteur peut faire son choix en fonction de ses moyens et de son tempérament. De fait, il y en a pour tous les goûts : des contrats en euros pour les plus prudents, des contrats en unités de compte pour ceux qui acceptent de prendre quelques risques, et même des contrats eurocroissance qui marient les deux univers…
L’important est de se déterminer en connaissance de cause : pas question d’espérer de gros gains avec un contrat en euros, ni de dormir sur ses deux oreilles avec des supports boursiers. A côté de ces contrats d'assurance vie classiques existent des dispositifs conçus pour des personnes handicapées, avec des avantages fiscaux à la clé.
Les contrats en euros ont été remplacés par des contrats multisupports, plus diversifiés
Investis sur des fonds essentiellement axés sur des obligations émises par les Etats ou les entreprises les plus fiables, les contrats «en euros» sont privilégiés par les épargnants allergiques au risque. Certes, ces fonds ne sont plus aussi intéressants que dans les année 2000, où leur rendement annuel excédait parfois le seuil des 5 ou 6%. Mais ils conservent un très gros avantage : l’argent qui y est placé est garanti à 100% par la compagnie, année après année (aucune perte en capital n’est à craindre).
Et puis, la remontée des taux à long terme au cours des années 2022-2023 leur a redonné un certain éclat : comme en 2023, la rémunération servie en 2024 s’est échelonnée entre 2 et 3%, avec des pointes à plus de 3,50% pour les meilleurs contrats, soit bien au-delà des 2% d’inflation constatés sur cette période. A noter que l’assurance vie a longtemps été composée exclusivement de ces contrats en euros (appelés «monosupports»), car ils étaient très compétitifs par rapport aux autres produits financiers.
Ils se font désormais plus rares, ayant été peu à peu remplacés par les contrats «multisupports», qui permettent toujours d’épargner sans aucun risque, mais qui proposent aussi d’autres types de fonds, dont les perspectives de gains à long terme (entre cinq et dix ans) sont plus attractives.
Composition d’un fonds en euros sans risque

L’objectif visé par un fonds en euros étant la sécurité, une grande partie de l’argent collecté (75% environ) va être placé dans des obligations sans risque, autrement dit des emprunts émis soit par un Etat européen (France, Allemagne…), soit par une entreprise publique (EDF, SNCF…), soit par une société privée réputée (L’Oréal, LVMH…). Le reste de la collecte (20% des fonds environ) va être réparti sur de l’immobilier (SCPI ou SCI), des actions cotées en Bourse et des produits de gestion dite «alternative » (permettant de spéculer sur les devises, les taux d’intérêt, les matières premières industrielles ou les objets d’art).
Dans les contrats multisupports, un fonds en euros sans risque, plus des supports dynamiques
Les contrats d'assurance vie multisupports comportent différents compartiments pour investir son argent : au moins un fonds en euros et quelques dizaines – voire plusieurs centaines – de fonds boursiers et immobiliers (on parle d’unités de compte). L’assuré va ainsi choisir le mix qui lui convient le mieux, à dominante sécuritaire (fonds en euros) s’il est prudent, ou à dominante risquée (fonds d’actions) s’il est plus audacieux, sachant que rien ne l’empêche ensuite, selon l’évolution des marchés, de modifier ce dosage (il peut aussi confier cette tâche à l’assureur). Le potentiel de gains d’un multisupport est donc très supérieur à celui d’un contrat en euros, mais, en contrepartie, l’épargne placée en unités de compte peut afficher des moins-values, du moins temporairement.
A retenir : afin de réduire le coût de la garantie du fonds en euros et continuer à servir un rendement décent, nombre de compagnies obligent désormais les assurés à investir une partie de leur mise – entre 25 et 50% – sur des supports non sécurisés, c’est-à-dire boursiers ou immobiliers.
Les contrats eurocroissance sont pour ceux qui croient à la réussite des PME françaises
Lancés en 2014 pour inciter les épargnants à investir dans l’économie réelle, à savoir les entreprises tricolores (plus particulièrement les PME), plutôt que dans les produits obligataires, les fonds eurocroissance doivent théoriquement permettre d’obtenir des rendements supérieurs à ceux des fonds en euros. A court terme, les résultats obtenus peuvent néanmoins décevoir. En 2024, elles ont toutes été dans le vert, mais ont rarement dépassé le seuil des 4% (+ 2% pour Fonds Croissance, + 2,60% pour Agipi Euro croissance, + 3,55% pour Générations Croiss@nce durable…). Surtout, rien ne dit que ces résultats positifs seront réédités dans les années à venir.
Attention aussi : à la souscription d’un tel produit, il faut accepter d’immobiliser son épargne pendant une durée minimale de huit ans (et jusqu’à 30 ans, selon la formule choisie), période en deçà de laquelle le capital placé n’est pas garanti par l’assureur. Pas question, donc, de faire à tout moment des retraits d’argent partiels, comme sur les fonds en euros classiques, sauf à risquer de subir une perte.
Le contrat de capitalisation, un produit réservé au conjoint ou au pacsé
Cousin proche de l’assurance vie, le contrat de capitalisation possède des caractéristiques particulières. Certes, les sommes versées peuvent être investies aussi bien sur un fonds en euros sans risque qu’en unités de compte plus ou moins risquées, et la fiscalité applicable sur les gains est identique dans les deux cas. Cependant, spécificité importante, un contrat de capitalisation peut être transmis en l’état par voie de succession (avec une assurance vie, le contrat est fermé et le capital est récupéré par le bénéficiaire). Pratique, dès lors que l’on a aucune compétence en matière financière : nul besoin de s’interroger pour savoir sur quel placement il faudra réinvestir l’argent perçu, puisque le contrat continue de fructifier pour son propre compte.
Autre particularité notable : au décès du titulaire, le contrat de capitalisation ne bénéficie pas du régime successoral de l’assurance vie, particulièrement avantageux en termes d’abattement (152 500 euros par bénéficiaire). Autrement dit, la valeur totale du contrat est intégrée à la succession, avec les autres biens du défunt. Les bénéficiaires devront donc acquitter les droits de succession prévus par la loi. En conclusion, ce type de contrat n’est attractif qu’en prévision d’une transmission de capital à un conjoint ou un partenaire de Pacs, lesquels, rappelons-le, sont entièrement exonérés du paiement des droits de succession.
La rente survie, pour aider financièrement une personne proche atteinte d’une infirmité
La rente survie est un contrat d’assurance décès (lire ci-dessous) souscrit par un proche en faveur d’une personne atteinte d’une infirmité l’empêchant de travailler dans des conditions normales. Ce contrat, qui bénéficie de la même réduction d’impôts de 25% que le contrat d’épargne handicap, peut profiter à un parent proche (jusqu’au troisième degré : petit-enfant, frère ou sœur, neveu ou nièce…) ou à toute personne à charge vivant sous le toit du souscripteur.
Au décès de l’assuré, une rente viagère est versée au bénéficiaire. Son montant n’est que partiellement soumis à l’impôt (l’abattement dépend de l’âge du bénéficiaire à la date de versement de la rente) et n’est pas pris en compte dans le calcul des aides sociales allouées. Attention, puisqu’il s’agit d’une assurance décès, le risque n’est plus couvert si le souscripteur cesse d’alimenter le contrat, et, sauf exception, les cotisations déjà versées sont alors perdues.
Assurance décès : rien à voir avec l’assurance vie !
Commercialisées par les mêmes groupes, l’assurance vie et l’assurance décès n’ont pourtant pas grand-chose en commun. La première est un placement financier doté d’avantages fiscaux. La seconde, un produit de prévoyance utilisé pour protéger sa famille d’un décès accidentel : contre le paiement d’une cotisation, l’assureur s’engage, si le décès intervient durant la période couverte (dix ans, vingt ans…), à verser aux bénéficiaires la somme convenue.
Et si l’assuré est toujours en vie ? Alors les bénéficiaires ne reçoivent rien. Avis aux intéressés : les cotisations, modestes avant l’âge de 45 ans, finissent par revenir cher quand on prend de l’âge. Pour 80 000 euros de capital garanti jusqu’à 80 ans, comptez 15 à 20 euros par mois à 40 ans, mais autour de 70 euros par mois à 55 ans.
L’épargne handicap offre 25% de réduction d’impôts sur les versements d’argent effectués
Réservé aux personnes handicapées qui ne peuvent pas exercer une activité professionnelle normalement rémunérée, le contrat d’assurance vie épargne handicap permet de signer une police d’assurance vie dans des conditions avantageuses, puisqu’elle ouvre droit à une réduction d’impôts de 25% (dans la limite de 1 525 euros de versements, plus 300 euros par enfant à charge). Mieux, la rente servie n’entre pas en compte dans le calcul de l’allocation aux adultes handicapés (AAH).


















