Shein a choisi d’opter pour la discrétion. Plongé dans la tourmente après que des poupées à caractère pédopornographique, des couteaux ou des médicaments ont été découverts à la vente sur son site, le géant chinois du e-commerce a décidé, il y a quelques jours, de rouvrir sa marketplace en France. Désormais, comme le rapporte le site LSA, Shein propose donc sur son site des produits issus de vendeurs tiers, deux mois seulement après avoir lui-même bloqué cet espace de vente.

La décision de cette réouverture, qui a été faite sans effervescence aucune, a été prise après «un examen approfondi» des différents dispositifs de contrôle et de conformité, a fait savoir Shein qui tient à préciser que les vendeurs présents font partie des «plus expérimentés et des plus établis». Alors que depuis début novembre, Shein ne vendait plus que ses collections de vêtements à bas coûts, désormais, il est de nouveau possible de retrouver des produits hors habillement sur les rubriques maquillage, décorations, bijoux, bricolage ou encore jouets.

Le blocage provisoire du site jugé «disproportionné»

Accusée de dérives à la fois sociales et environnementales, l’État français avait décidé de saisir la justice afin que soit prise une mesure radicale, à savoir le blocage pur et simple de la plateforme du géant de la mode ultra-éphémère dont la réouverture aurait été assortie de conditions strictes. Une demande à laquelle n’a pas souhaité répondre le tribunal judiciaire de Paris qui, dans une décision rendue le 19 décembre dernier, a décidé de ne pas suspendre la plateforme asiatique. Pour justifier sa décision, le tribunal avait en effet pointé du doigt une mesure «disproportionnée» au regard du retrait volontaire de la part de Shein des produits illicites vendus sur sa marketplace. Loin de se laisser abattre, le gouvernement a décidé de faire appel de cette décision.

Pour autant, le parquet a retenu une injonction contre la société et demandé à Shein de ne pas commercialiser des produits à caractère pornographique sans qu’une mesure de vérification de l’âge de l’acheteur ne soit faite, et non par le biais d’une simple déclaration de majorité. Si cette procédure n’empêche donc pas le géant chinois du e-commerce de rouvrir de façon progressive sa place de marché, Shein, qui se sait aujourd’hui scruté de près, a toutefois décidé de ne pas réintroduire ses catégories jugées à risques à l’instar des jouets pour enfants, à l’exception de produits de la marque Lego par exemple.