
L’Inde muscle sa puissance navale. Le 28 avril dernier, New Delhi a signé un accord d’envergure avec Paris pour l’acquisition de 26 Rafale Marine, des avions de chasse multirôle conçus par Dassault Aviation. Montant de l’opération : environ 6,5 milliards d’euros, rapporte Courrier International. Un contrat qualifié de «game changer» par la presse indienne, qui y voit un tournant majeur dans la stratégie de défense du pays face aux tensions croissantes dans la région indo-pacifique.
Ce «méga-accord» conclu entre les deux pays inclut 22 Rafale monoplaces, 4 biplaces destinés à l’entraînement, mais aussi des armements, des simulateurs et la formation des équipages. La livraison des premiers appareils est prévue entre 2028 et 2029, pour une mise en service effective autour de 2031. Une montée en puissance qui tombe à point nommé : la marine indienne dépend encore de 40 chasseurs russes Mig-29K, vieillissants et peu fiables, acquis en 2009.
Un autre contrat est en négociation pour la livraison de sous-marins
L’enjeu pour l'Inde est de contenir les ambitions croissantes de la Chine en mer de Chine méridionale, tout en tenant tête au Pakistan, autre acteur stratégique de la région. «La marine indienne a enfin eu l’arme qu’elle voulait», titre India Today, tandis que l’ancien vice-maréchal de l’armée de l’air Kapil Kak salue une avancée «attendue depuis longtemps». Cette opération consolide aussi un partenariat stratégique de long terme entre Paris et New Delhi. Neuf ans après l’achat de 36 Rafale pour 8,3 milliards d’euros, l’Inde persiste et signe avec ce nouveau contrat qui, selon The Print, «reconnaît le Rafale comme un vecteur de souveraineté nationale».
La coopération militaire entre les deux pays ne s’arrête pas là : un autre contrat est en négociation pour la livraison de trois sous-marins Scorpène supplémentaires. Enfin, au-delà des enjeux géopolitiques, cet accord revêt aussi une dimension économique : des milliers d’emplois devraient être créés, notamment dans les micro, petites et moyennes entreprises mobilisées pour la mise en œuvre de ces technologies. Une façon, pour l’Inde, de renforcer sa sécurité tout en soutenant son tissu industriel.


















