Elon Musk disposera-t-il d’une fortune astronomique dans quelques mois ? S’il est déjà l’homme le plus riche du monde selon l’index de Bloomberg, le patron de Tesla pourrait voir sa fortune croître avec le nouveau plan de rémunération exceptionnel proposé début septembre par le conseil d’administration du constructeur de véhicules électriques. Pour rappel, il prévoit un montant énorme de 1 000 milliards de dollars dans un package basé sur des actions conditionnées à des objectifs ambitieux. Toutefois, ce plan doit encore être validé par les actionnaires. Or, parmi les investisseurs institutionnels, cette rémunération colossale a provoqué une levée de boucliers.

Le cabinet de conseil en vote par procuration Institutional Shareholder Services (ISS) a d’ores et déjà recommandé aux actionnaires de voter contre la proposition. Toutefois, une personne monte au créneau pour soutenir le milliardaire. Il s’agit ni plus ni moins de la présidente du conseil d’administration, rapporte BFMTV. Dans une lettre qu’a pu se procurer CNBC, Robyn Denholm a écrit aux actionnaires pour leur demander de voter pour. Selon elle, «sans Elon, Tesla pourrait perdre une valeur significative, car notre entreprise pourrait ne plus être valorisée pour ce que nous aspirons à devenir».

Des objectifs ambitieux, mais pas que…

Cette sortie intervient alors que le patron de Tesla, SpaceX et X notamment a menacé à plusieurs reprises de quitter l’entreprise en cas de rejet du plan. «Je ne me sens tout simplement pas à l'aise de construire une armée de robots ici et d'être ensuite évincé», a-t-il même lancé la semaine passée. Or certains actionnaires, et les deux cabinets leur ayant conseillé de voter contre cette rémunération faramineuse, considèrent qu’il existe des risques, notamment à la suite du ralliement du milliardaire à Donald Trump lors de la campagne présidentielle.

A cette époque, et avant son éviction du «Doge», Elon Musk avait été accusé d’avoir délaissé Tesla et d’être le responsable des derniers résultats décevants du groupe. En outre, les cabinets mettent en exergue des «inquiétudes absolues concernant l'ampleur et la conception de la rémunération spéciale». Pour rappel, ce plan à 1 000 milliards prévoit des revenus en actions si des objectifs ambitieux sont atteints comme la multiplication par 24 du bénéfice ou la capitalisation boursière par 8. En revanche, d’autres dispositions pourraient lui permettre de grosses sommes dans le cas d’objectifs moins importants.

Des objectifs simples qui rapportent gros ?

Il est par exemple évoqué la nécessité de vendre 1,2 million de voitures par an, alors que Tesla en vend déjà plus à ce jour. Surtout, selon Reuters, en atteignant deux «cibles» du contrat, Elon Musk pourrait empocher 26 milliards de dollars. La comparaison est de taille : c’est, selon le cabinet spécialisé Equilar, «plus que le salaire à vie des huit PDG les mieux payés réunis», à savoir Mark Zuckerberg (Meta), Larry Ellison (Oracle), Tim Cook (Apple) ou encore Jensen Huang (Nvidia).