Selon le site spécialisé Opex360, le Canada a abandonné l’idée d’acheter des sous-marins à la France, et plus particulièrement à Naval Group. Le «projet de sous-marins de patrouille canadiens», estimé à 60 milliards de dollars canadiens, ne sera donc plus celui de la France. Naval Group s’était pourtant montré prudent en 2024 au moment de confirmer sa participation. Le groupe misait sur son modèle Barracuda, et le soutien de la Marine nationale, pour convaincre Ottawa. Mais les autorités canadiennes ont décidé de ne retenir que l’allemand TKMS et le sud-coréen Hanwha Ocean.

Naval Group prend donc un revers, alors qu'il avait pourtant des réussites à son actif avec sa victoire aux Pays-Bas avec le BlackSword Barracuda. Le constructeur français avait reçu un appui politique et militaire, notamment à l’occasion de l’escale du sous-marin nucléaire d’attaque Tourville à Halifax. Une escale qui était aussi pour la France une manière de rappeler qu’elle peut offrir au Canada un savoir-faire reconnu en matière de navigation sous la glace et de missions de longue durée, des critères essentiels pour la Marine royale canadienne.

Ottawa privilégie l’Allemagne et la Corée du Sud

Pour justifier sa décision, le ministère canadien de la Transformation du gouvernement et des Travaux publics explique qu'elle est due à une «évaluation approfondie des besoins du Canada». Il explique avoir tenu compte des délais de livraison mais aussi des retours de marines alliées. Aujourd’hui, le choix du Canada se joue entre le U212CD de TKMS et le KSS-III Batch 2 de Hanwha Ocean. Au niveau stratégique, le Canada souhaite aussi diversifier ses alliances, plus particulièrement dans l’Arctique et l’Atlantique Nord. Par ailleurs, l’offre allemande est avantageuse : Berlin et Oslo avaient déjà proposé un partenariat au Canada pour protéger ces zones. Et les deux pays vont bientôt équiper leurs marines de U212CD, plaidant ainsi pour une interopérabilité.

Selon David J. McGuinty, ministre canadien de la Défense, le Programme de sous-marins canadiens de patrouille permet de renforcer des alliances. Ottawa affirme vouloir ancrer ce contrat dans une coopération industrielle locale. Un critère que les concurrents de Naval Group avaient anticipé avec des partenariats noués avec des entreprises canadiennes. Un nouvel échec pour Naval Group, qui renvoie à celui des années 1980, où la France avait déjà vu une vente de sous-marins nucléaires au Canada échouer pour des raisons politiques.