
La Russie est-elle sur le point de se séparer de son unique porte-avions ? Empêtrée dans la guerre en Ukraine qu’elle a lancée en février 2022, la Russie n’en finit plus de compter les pertes dans ses forces navales. Si le Kremlin est parvenu à prendre le contrôle de la Crimée en 2014, ainsi que la façade maritime des régions de Zaporijia et de Kherson en 2022, les forces maritimes de Vladimir Poutine ont également été très affaiblies en mer Noire grâce à la résistance ukrainienne. Coups de drones et de missiles sur plusieurs navires, perte du croiseur Moskva ou encore bombardement du quartier général de la flotte à Sébastopol, face à la menace ukrainienne, les navires russes jugés trop vulnérables sont désormais répartis entre la mer d’Azov et Novorossyisk.
Mais c’est surtout l’avenir de son unique porte-avions qui est dans tous les esprits. Après plus de trois décennies de service tumultueux, le Kouznetsov pourrait bien tomber dans l’oubli. Long de 300 mètres et symbole d’une autre époque - sa propulsion étant toujours à vapeur -, le bâtiment pourrait bien quitter la flotte russe très prochainement, rapporte Géo.
Un navire continuellement en maintenance
Entré en service en 1991 alors que l’Union soviétique était en train de s’effondrer, le Kouznetsov n’a été qu’une seule fois employé lors d’une opération de combat. C’était en novembre 2016 afin de servir de plateforme de lancement des Su-33 pour permettre les frappes sur plusieurs positions de l’État islamique et du Front al-Nosra.
Depuis, le vaisseau russe est entré dans un cycle de réparations et de modernisation à rallonge. Si le Kouznetsov devait bel et bien reprendre du service en 2021, puis par la suite en 2024, son retour sur le devant de la scène a finalement été plombé par plusieurs incidents techniques et notamment deux incendies en 2019 et 2022. Quant au processus de recrutement d’un nouvel équipage pour le navire, celui-ci a dû être considérablement ralenti en raison du déclenchement de la guerre avec l’Ukraine.
Un avenir bientôt tranché
Il faut dire que ces retards à répétition pour la remise aux normes du vaisseau ont un coût non négligeable qui pourrait faire pencher la balance en sa défaveur. Ainsi, selon le média pro-Kremlin Izvestia qui rapporte des sources anonymes, la marine russe tout comme l’United Shipbuilding Corporation qui a la charge des réparations du Kouznetsov, doivent prochainement se prononcer sur l’avenir du porte-avions et ce, alors même que plusieurs voix s’élèvent pour plaider pour un arrêt des réparations. C’est le cas de l’ancien commandant de la flotte russe du Pacifique, Sergueï Avakyants, qui estime que le Kouznetsov «appartient aujourd’hui à une autre époque». «C’est une arme navale très coûteuse et inefficace. L’avenir appartient aux systèmes robotisés et aux drones», a-t-il indiqué, estimant dans le même temps que ces navires «peuvent être détruits en quelques minutes par des armes modernes».
Quant au contre-amiral Mikhail Tchekmassov, ce dernier estime que «le principal obstacle réside dans le financement, notamment au vu de l’opération spéciale en cours en Ukraine», rapporte le média Raids.


















