
Hermès, LVMH, Kering… Les actions des secteurs du luxe et du lifestyle traversent une phase de turbulences marquées. Un paradoxe pour une industrie longtemps considérée comme refuge, soutenue par des marques emblématiques, une expérience client inégalée et un pricing power (capacité à imposer ses prix de vente aux clients) remarquable, capable de préserver des marges confortables, même en période de ralentissement économique, relèvent Roni Michaly, président de Galilee Asset Management, et Aurélien Lux, analyste financier chez la société de gestion, interrogés par Capital.
Plébiscité depuis des années pour sa croissance solide et sa surperformance récurrente, le luxe a pourtant connu un coup d’arrêt en 2024, sur fond de faiblesse de l'économie chinoise. «Les ventes mondiales ont reculé de 2%, principalement sous l’effet du ralentissement chinois. L’Empire du Milieu, pilier historique de la demande de produits de luxe, a vu sa croissance tomber à son plus bas niveau depuis 30 ans (hors période Covid-19), sur fond de crise immobilière et de contraction de la consommation», observe Galilee AM. Cette tendance n’est pas isolée : les Etats-Unis et l’Europe affichent eux aussi des signes de fatigue, avec une consommation sous pression dans un contexte de taux élevés et d’inflation persistante, notamment outre-Atlantique.
LVMH, Kering, Hermès… Les géants du luxe du CAC 40 doivent affronter la concurrence croissante d’entreprises chinoises
Ce contexte défavorable a pesé lourdement sur les valeurs de l’industrie du luxe. «Cependant, depuis le début de l’année 2025, les signaux de reprise se multiplient. Le rebond des marchés chinois, porté par une série de mesures de relance économique, a ravivé la confiance des investisseurs. La Chine reste un moteur structurel du secteur du luxe au niveau mondial, avec l’essor progressif d’une classe moyenne toujours plus consommatrice de biens premium», rappelle la société de gestion.
Dans ce paysage, on observe également la montée en puissance de marques de luxe chinoises. «Elles séduisent de plus en plus les jeunes générations locales, au détriment des maisons européennes historiques. Des marques comme Bosideng (spécialisé dans la doudoune haut de gamme) s’imposent progressivement sur la scène internationale, notamment en misant sur un positionnement premium et des collaborations créatives avec de grands designers», détaille Galilee Asset Management.
Les actions lifestyle rechutent en Bourse, l'enthousiasme suscité par l’élection de Donald trump s’étiole
Parallèlement, la composante lifestyle de la thématique s’inscrit dans une dynamique très différente, dominée par les Etats-Unis. «L’élection de Donald Trump a d’abord dopé les espoirs de relance économique, alimentant une forte appréciation des valeurs liées à la consommation et aux loisirs. Tesla, Apple ou Hilton ont pleinement profité de cet optimisme. Or, cet élan s’est essoufflé ces dernières semaines. Les incertitudes politiques et commerciales, notamment autour des droits de douane, ont ravivé les craintes d’un scénario de stagflation», souligne Galilee Asset Management. Résultat : des valeurs emblématiques comme Starbucks, Apple ou Nike ont chuté de 10% à 15%, en quelques semaines seulement.
Ce contexte contrasté se reflète dans les performances en Bourse des actions de la thématique. Depuis le début de l’année, l’indicateur thématique (ITG) Luxe & Lifestyle recule de 1,85%, contre une hausse de 1% pour le MSCI World (indice du marché actions mondial). La thématique reste pourtant largement composée de valeurs de croissance, avec un PER (capitalisation boursière rapportée aux profits estimés sur 12 mois, traditionnelle jauge du degré de cherté des actions cotées en Bourse) moyen de 26,3 fois les bénéfices estimés à 12 mois. «Des valorisations en Bourse élevées, tirées par des noms comme Ferrari (48,7) ou Hermès (57,2), qui continuent d’incarner la rareté et l’exclusivité. Pour certains autres leaders, cette pression sur la croissance se traduit par une diversification accélérée des activités, à l’image de LVMH, qui multiplie les incursions dans l’univers du sport (F1, football) pour capter de nouvelles audiences», relève Galilee Asset Management.
Hermès, LVMH, Kering, Ferrari, Netflix… Comment investir sur les actions du luxe et du lifestyle ?
Dans cette phase de repli en Bourse, certains investisseurs y verront une opportunité d’entrée (d’achat) sur ces actions. «Plusieurs stratégies s’offrent à eux pour se positionner sur un éventuel rebond de la thématique. Le stock-picking permet de cibler directement les leaders comme Ferrari, Apple ou Hermès. Pour une exposition plus large et diversifiée, l’ETF Amundi Global Luxury regroupe 80 valeurs emblématiques du secteur. Enfin, la gestion active offre également des alternatives intéressantes avec des fonds comme Pictet Premium Brands, investi dans une quarantaine d’entreprises haut de gamme telles que Richemont, Moncler ou American Express», note la société de gestion.
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