
L’Insee a dévoilé son «Portrait social» de la France le 18 novembre dernier. L’occasion pour l’institut de mettre en évidence une hausse de la contribution de l’impôt sur le revenu des 0,1% des ménages les plus aisés. On apprend par exemple que les 1% des salariés du privé les mieux payés en France gagnent à partir de 10 219 euros nets par mois. Dans le «carré VIP» figurent ceux gagnant plus de 27 000 euros, rappelle BFM Business. Puis, les 100 premiers salaires culminent à 312 000 euros par mois.
Parmi eux, il y a par exemple un tiers de footballeurs, puis des chefs d’entreprise, des salariés du monde de la finance, de la banque, etc. Au niveau des taxations, on apprend enfin que 10% des salariés les plus aisés paient 74% de l’impôt sur le revenu. Faut-il en déduire que l’impôt est trop concentré en France ? Invitée sur le plateau de BFM Business, la cheffe économiste du cabinet d’audit BDO France, Anne-Sophie Alsif, rappelle que «la moitié des Français ne paie pas d'impôt sur le revenu».
La France, un des pays avec «le moins d’inégalités»
Toutefois, en s’appuyant sur la note que publie l’Insee chaque été, cela «montre à quel point notre système est efficace et redistributif». L’économiste l’assure : «Avant et après impôts, on est un des pays les plus développés qui a le moins d’inégalités.» Et pourtant, «personne n’est au courant et n’a ce ressenti». Anne-Sophie Alsif souligne qu’au niveau européen, la majorité des milliardaires se situent «en Amérique du Nord, ensuite en Asie et l’Europe (arrive) en troisième position».
Elle poursuit : «La France, par rapport à l’Allemagne, est 20% plus pauvre» et le martèle : «Ce système de redistribution est un de ceux qui fonctionnent le mieux par rapport à nos partenaires européens.» Alors pourquoi existe-t-il une «dichotomie» entre les faits et le sentiment d’une injustice sociale qui prédomine en France ? L’économiste met en avant une petite révolution : «On pourrait se dire qu'une partie de ces Français pourraient en payer au moins à hauteur de 5 ou 10 euros par mois.»
Parmi les autres éléments dévoilés par l’Insee, il y a le fait qu’entre 2003 et 2022, «le revenu des plus aisés augmente plus vite que celui des autres foyers». En 2022, le revenu annuel moyen de ces 40 700 foyers atteint 1 million d’euros, contre 31 000 euros pour les autres foyers. Il s’agit d’une «soit une croissance annuelle moyenne de 4,7%, contre 2,0% pour les autres foyers fiscaux».



















