
Les grandes grèves de ces dernières années à la SNCF déclenchées pour des raisons propres au groupe ferroviaire l'ont toutes été à cause de la colère des contrôleurs. L'appel à la mobilisation de SUD-Rail pour le week-end du 9, 10 et 11 mai a donc de quoi donner des sueurs froides à la direction de SNCF Voyageurs. Le syndicat dénonce notamment les constants changements de planning à la dernière minute qui touchent les contrôleurs des TGV. Il réclame aussi une augmentation de 100 euros de la prime de travail de cette catégorie de personnel.
SUD-Rail a considérablement haussé le ton ces dernières semaines, entamant plusieurs bras de fer avec la direction du groupe public alors que l'actuel PDG Jean-Pierre Farandou doit quitter la direction ce printemps en raison de la limite d'âge. Le syndicat a aussi appelé les conducteurs à faire grève le 7 mai pour réclamer une augmentation de leur prime de travail. Quelques jours auparavant, il avait annoncé quitter la table des négociations organisées pour discuter des droits syndicaux à la SNCF dans le cadre de l'ouverture à la concurrence et de l'éclatement du groupe en de multiples filiales.
La CGT envisage une autre journée d'action nationale début juin
Alors qu'elle n'avait pas immédiatement soutenu cet appel, la CGT-Cheminots a finalement annoncé le rejoindre, appelant même contrôleurs et conducteurs à démarrer le mouvement plus tôt, le 5 mai. Pour les conducteurs, le syndicat souhaite la «réouverture des négociations sur la refonte de la prime traction», un «élément de rémunération important.» A ce sujet, des sections franciliennes de la CGT ont précisé lundi souhaiter que cette prime ne soit plus «amputée en cas de maladie» ou «inaptitude» ou que soit versée «une prime de technicité en fonction des trains conduits.» La CGT envisage «d'ores et déjà une journée d'action nationale tous services dès début juin», ont-elles aussi rapporté.
Autre soutien de taille pour les salariés, celui du collectif créé sur Facebook et baptisé Collectif national ASCT (CNA). Ce dernier, en effet, «va appuyer les dates de mobilisation prévues par SUD-Rail les 9, 10 et 11 mai 2025», a annoncé récemment sur son site ce groupe informel de contrôleurs à l'initiative des grèves très suivies de Noël 2022 et de février 2024. Ces mouvements, on s'en souvient, avaient mis à l'arrêt de nombreux trains.
Le PDG de SNCF Voyageurs se dit «très confiant»
Sollicitée par l'AFP, la direction de SNCF Voyageurs a estimé que «le temps (était) au dialogue social, c'est la seule voie possible», ajoutant que les syndicats avaient été reçus ces derniers jours. Début avril, le PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet, s'était dit «très confiant» dans le fait que ce dialogue allait «permettre à tous les Français de voyager en sérénité dans les prochaines semaines». «On change un peu de contexte, on est maintenant en concurrence (...) et on ne peut vraiment pas se permettre une grève», avait-il ajouté. «Mes clients d'aujourd'hui iraient tout simplement chez mes concurrents. Et puis on a un petit risque: c'est qu'ils ne reviennent pas», a-t-il mis en garde.
La direction a aussi évoqué l'impact négatif d'une grève pour les investissements dans les rames ou dans le réseau mais aussi le risque de «moins de dividendes pour l'ensemble des cheminots». «Aujourd'hui, dans le TGV, on fait de l'aménagement du territoire c'est-à-dire que les lignes bénéficiaires, le Paris-Marseille par exemple, paye des lignes déficitaires», a défendu au passage le dirigeant, citant l'exemple de l'axe sur lequel Trenitalia se lance en juin. «On se sent vraiment seul aujourd'hui sur cet aménagement du territoire», a-t-il ajouté, posant la question de la refonte de ce modèle dans le contexte concurrentiel.
















