«Quel impact de l’IA sur les industries culturelles ?», c’est la question qui sert de fil rouge à ce premier épisode de Fact Tech. Invité de marque, le Dr Laurent Alexandre - chirurgien, essayiste, entrepreneur - vient confronter les promesses de l’intelligence artificielle à ses limites, de la créativité aux questions de souveraineté, de propriété intellectuelle et d’éducation.

Texte, images, musique, vidéo : l’IA compose déjà. Reste la vraie question - plus économique qu’il n’y paraît - de la valeur : qu’est-ce qui fait une œuvre «valable», «originale», «authentique», et comment cette valeur se partage-t-elle entre humain, modèle et détenteurs de droits ? À l’ère de l’IA générative, former à la complémentarité devient un impératif. La discussion, volontiers polémique, pose un débat : où investir pour maintenir un avantage humain ? Dans la recherche en sciences de l’éducation, répond l’invité, et dans une vraie revalorisation de celles et ceux qui éduquent les cerveaux biologiques, pendant que les talents qui «éduquent» les IA s’arrachent à prix d’or.

L’IA comme assistant cognitif ?

Dans de nombreuses tâches bornées – diagnostic, analyse documentaire, multilinguisme, pré-rédaction – l’IA prend l’avantage. La complémentarité ne tombe pas du ciel, elle se conçoit : cartographier les processus, isoler les moments à forte responsabilité (qualité, conformité, sécurité), redéfinir les métiers autour de la créativité située, de la relation, de la décision. L’organisation gagnante capte la vitesse des outils tout en verrouillant la fiabilité.

À l’horizon, l’arrivée de robots cognitifs branchés sur les meilleurs modèles rebattrait encore les cartes : cols bleus et cols blancs sont également concernés, avec une exigence commune de montée en compétences continue - un avertissement qui appelle des politiques publiques claires (formation, requalification, reconnaissance des compétences non-tech, etc.).

La traçabilité, une arme dans la bataille à venir

Deepfakes, automatisation de la persuasion, brouillage des repères : l’IA devient un instrument de pouvoir. Le dépassé test de Turing n’éclaire plus grand-chose lorsqu’une machine peut ralentir pour paraître humaine, quand l’humain ne peut accélérer pour paraître machine. La réponse est technique et culturelle : marqueurs de traçabilité des contenus, protocoles de vérification à l’échelle des plateformes, et un journalisme plus exigeant, plus outillé, plus de terrain.

La bataille ne se joue pas seulement dans les rédactions ; elle engage l’écosystème tout entier, de l’hébergement aux régulateurs, en passant par les annonceurs. Entre deepfakes, traçabilité fragile et «guerre cognitive», l’IA devient un levier de pouvoir.

Un nouveau rendez-vous pour décoder l’innovation

IA, crypto, cybersécurité, robotique… La technologie a envahi nos vies, mais reste trop souvent traitée à la va-vite. Fact Tech revendique l’exact inverse : un long format mensuel pour revenir aux fondamentaux, croiser les angles et trier la substance du marketing. L’ambition est claire : rendre la complexité utile pour celles et ceux qui décident — dirigeants, investisseurs, responsables publics, créateurs. Un ton cash qui ramène toujours au réel.

*Fact Tech est un podcast d’interviews mensuel présenté par Fabien Aufrechter (VP Stratégie & Innovation chez Vivendi). Prisma Media, éditeur de beincrypto1.de appartient au groupe Vivendi.

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