A quelques mois d’élections municipales qui s'annoncent cruciales pour le pays, Sébastien Lecornu était attendu au tournant en clôture du 107e congrès organisé par l'Association des maires de France (AMF). Après trois jours d’échanges avec différents intervenants, et notamment la prise de parole polémique du chef d'État-major des armées, le Premier ministre devait rassurer alors que plusieurs édiles redoutent ou hésitent encore avant de rempiler pour six ans. Et il a fait une annonce de taille, rapporte TF1 : une prime «régalienne» de 500 euros pour chacun des maires.

Cette prime doit permettre de «reconnaître et sécuriser» la capacité du maire «à prendre un certain nombre d'actes au nom de l'État, comme agent de l'État», a-t-il laissé entendre. Selon l’ancien ministre des Armées, «on ne peut pas demander aux maires, agents de l'État, de prendre sans cesse plus de risques sans voir ce risque reconnu». Il a donc demandé à ses ministres de travailler sur une telle prime, pour tous les maires «quelle que soit la taille de la commune». De quoi rassurer dans un climat d’insécurité, tant sur le terrain que sur le plan budgétaire ?

«Elaguer» les normes qui dépendent du gouvernement

Ancien maire de Vernon, dans l’Eure, Sébastien Lecornu a insisté également sur la nécessité de supprimer certaines normes et «élaguer celles qui dépendent du gouvernement». Dans ce cadre, trente premiers décrets devraient être supprimés avant la fin de l’année dans le cadre de la publication d’un «méga décret d'ici Noël». Ensuite, entre janvier et février 2026, le gouvernement proposera 70 nouveaux décrets à l’AMF. Parmi les premiers à disparaître, il y aura par exemple l'obligation annuelle de vidangeage des piscines municipales.

A la fin de son discours, le Premier ministre a enfin exhorté à «décloisonner» et «repartir du terrain» : «Le pouvoir doit circuler dans le pays (…) face à un sentiment de confiscation du pouvoir (qui) est en train de bloquer le pays.» Constatant que les crises s’accumulaient, le locataire de Matignon a interrogé : «Pourquoi, quand la mer est calme, les difficultés réapparaissent ?», puis «Est-on encore capable de sauver la démocratie représentative, du conseil municipal jusqu’au Parlement ?» Il a enfin promis la tenue d’un débat à l’Assemblée nationale sur le narcotrafic.