
«Pathétique», «farce», «ridicule», «insulte»… la crise est on ne peut plus d’actualité au sommet de l’Etat. A peine une douzaine d’heures après l’annonce du nouveau gouvernement de Sébastien Lecornu, le Premier ministre a décidé de remettre sa démission à Emmanuel Macron, dit-il parce que «les conditions n'étaient plus remplies» pour gouverner. Il n’a pas fallu longtemps aux oppositions pour tirer à boulets rouges sur l’exécutif.
Le gouvernement Lecornu sanctionné par la classe politique
«La farce a assez duré» pour le Rassemblement national
Interrogé par BFMTV, le président du parti à la flamme, Jordan Bardella, a appelé au départ d’Emmanuel Macron : «Il ne peut y avoir de stabilité retrouvée (...) sans dissolution», a-t-il lâché. Dans la foulée, la leader du RN a estimé qu’un départ du chef de l’Etat serait une décision «sage», tout en appelant avant tout à une dissolution de l’Assemblée nationale, qu’elle juge «absolument incontournable». Sans demander explicitement à Emmanuel Macron de s’exprimer dans la journée, Marine Le Pen a rappelé que «la seule solution sage» restait un retour aux urnes afin de «donner une direction au pays». Elle a conclu sur un ton cinglant : «La farce a assez duré. Les Français sont excédés.»
LFI demande le réexamen de la motion de destitution du président de la République
Dans le même temps, La France insoumise n’a fait que très peu de suspense de ses velléités. Toutes les têtes d’affiche du parti, Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard, Aurélie Trouvé et Mathilde Panot ont réclamé un «examen immédiat de la motion déposée par 104 députés pour la destitution d’Emmanuel Macron». La présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, avait écrit quelques minutes plus tôt : «Emmanuel Macron doit partir.»
Sons de cloche différents à droite
Si cet appel au départ d’Emmanuel Macron a été soutenu du côté des deux extrêmes, le maire de Cannes LR et président de l'Association des maires de France, David Lisnard, l’a réitéré également : «L’intérêt de la France commande qu’Emmanuel Macron programme sa démission, pour préserver les institutions et débloquer une situation qui était incontournable depuis la dissolution absurde», a-t-il écrit sur X. Au sein de son parti, certains ont fait preuve de plus de mesure, comme le vice-président du parti, Julien Aubert, sur Franceinfo : «C'était prévisible, il y a eu un problème de loyauté», a-t-il jugé.
Enfin, le président de l’UDR (Union des droites pour la République), Eric Ciotti, a demandé à Emmanuel Macron de «tirer les leçons de ce chaos», plaidant lui aussi pour une dissolution de l’Assemblée nationale : «Quand il y a crise, la seule solution c’est l’élection», mais également à la destitution : «Le mieux serait naturellement une présidentielle.»
Réactions, non sans ironie, à gauche
A gauche, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, a tenu à saluer la démission de Sébastien Lecornu : «Je me demandais s'il restait un gaulliste dans ce pays. Il en restait un, et il vient de démissionner avec dignité et honneur.» Il avait dénoncé auparavant une «insulte au pays». Toutefois, pour le chef du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Boris Vallaud, «ce qui vient de se passer dépasse l'imagination.» Chez les Ecologistes, la «surprise» a primé, Marine Tondelier raillant la «démission d'un gouvernement démissionnaire».



















