Peur sur les ponts. Alors que le mois de mai approche à grands pas, de nombreux Français sont impatients de pouvoir partir quelques jours certains week-ends longs grâce au jeu du calendrier des jours fériés. Toutefois, s’ils ont prévu de prendre le train, la peur commence à les gagner peu à peu. Et pour cause : un préavis de grève à partir du 5 mai et courant pendant le week-end du 8 a été annoncé. Les organisations syndicales de la SNCF sont ouvertes à la discussion avec la direction pour ne pas en arriver là. Mais il va falloir faire vite.

Interrogé par Le Parisien, le 17 avril, Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs, a été très clair : «La SNCF ne peut pas se permettre une grève.» Le patron craint que les déçus du ferroviaire, confrontés aux désagréments de la grève depuis quelques années, se tournent vers la concurrence, à savoir les autres compagnies (Renfe, Trenitalia) qui ont fait leur apparition sur les rails, ou vers des alternatives comme le bus, la voiture ou même l’avion. En outre, il rappelle que si les trains restent à l’arrêt, cela fera moins d’argent pour l’entreprise et donc, mécaniquement, moins de «redistribution l’année prochaine pour les cheminots».

Des avancées pour les contrôleurs

Partant de ces constats, Christophe Fanichet assure prendre «chaque préavis de grève très au sérieux». Mais il promet, il compte «tout faire pour que les Français voyagent normalement». Pour ce faire, il assure qu’il n’y a qu’une solution : le dialogue social. Le PDG de SNCF Voyageurs indique avoir «reçu et discuté avec toutes les organisations». Des premières concessions ont été faites, notamment sur les plannings des chefs de bord. Concrètement, les contrôleurs ont désormais une visibilité sur leur calendrier à six mois désormais, et plus à trois comme auparavant.

Malheureusement, le patron n’a pas voulu évoquer auprès de nos confrères les points de blocages qui subsistent. Relancé sur les demandes de revalorisations salariales étant donné les bénéfices de l’entreprise (1,6 milliard d’euros en 2024), Christophe Fanichet assure que «100 % de ce qu’on gagne est réinvesti dans le ferroviaire».