
L’utilisation des tickets restaurants va-t-elle être revue de fond en comble ? C’est en tout cas ce que propose un député. Le titre-restaurant ou ticket resto est un titre de paiement visant à couvrir tout ou partie des repas des salariés pendant leurs journées de travail. En théorie, il permet aux salariés qui n’ont pas de cantine dans leur entreprise de manger à l’extérieur. Ils sont fournis par les employeurs en tant qu’avantage social et existent sous plusieurs formes. Mais depuis la pandémie de Covid-19, leur utilisation a évolué, au grand dam des restaurateurs, créant quelques polémiques.
C’est en ce sens que le député écologiste Boris Tavernier a déposé une proposition de loi le 13 mai dernier, rapporte MoneyVox, parce que «le système dysfonctionne». Dans le viseur des rapporteurs du texte, le fait que quatre opérateurs se partagent le marché, à savoir Sodexo, Natixis Intertitres, UP et peut-être le plus connu, Edenred. Pour les élus, il s’agit d’une «source de dérives, en témoigne la condamnation de ces quatre opérateurs en 2023 à plus de 400 millions d'euros d'amende pour pratiques anticoncurrentielles».
Des titres utilisables pour tous les produits alimentaires
Alors, comment revoir le système ? Les rapporteurs du texte proposent de calquer le modèle des titres-restaurants sur celui des chèques-vacances en confiant sa gestion à un seul opérateur, à savoir l'Agence nationale pour le titre‑restaurant (ANTR). Une des mesures phares de ce texte serait la pérennisation de l’utilisation des tickets resto pour l’achat de produits alimentaires qui ne sont pas consommables immédiatement, ce que reprochent les restaurateurs au gouvernement depuis quelques mois.
La proposition de loi empêcherait également de céder son titre, ce qui est déjà rendu plus difficile actuellement avec la multiplication des cartes tickets resto. Enfin, le député écologiste Boris Tavernier souhaiterait «intégrer des critères de durabilité et de qualité de l'alimentation» dans leur utilisation. Si le texte venait à être voté, il pourrait entrer en vigueur le 1er janvier 2027. Une date qui n’a pas été choisie au hasard, car le décret permettant d’utiliser les titres restaurants pour tous les produits alimentaires a été prolongé… jusqu’au 31 décembre 2026.



















