Les aides versées aux étudiants sont-elles menacées ? Pour financer la réforme attendue des bourses sur critères sociaux, des députés proposent de revoir en profondeur certains dispositifs comme l’allocation personnalisée au logement (APL) ou la réduction d’impôt liée aux frais de scolarité. Un rapport parlementaire de la commission des Finances, dévoilé ce mercredi 11 juin, suggère en effet de réserver le versement des APL «aux étudiants issus de foyers modestes et de classe moyenne», rapporte BFM TV ce jeudi.

Le texte avance également «une piste plus ambitieuse» : prendre en compte les ressources des parents dans le calcul de l'APL pour les étudiants. Il s’appuie sur les données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) en 2025, selon lesquelles: 45% des étudiants percevant l'APL ont des parents au niveau de vie parmi les 30% les plus riches, «ce qui représente un coût budgétaire de l'ordre de 400 à 500 millions d'euros». Le rapport parlementaire préconise également la suppression de la réduction d'impôt au titre des frais de scolarité dans l'enseignement supérieur.

Une réforme jugée «structurelle et indispensable»

Pour l'enseignement supérieur, cette réduction d'impôt - qui s'applique également au collège et au lycée - a coûté 218 millions d'euros en 2024, selon les estimations de la Cour des comptes. Deux membres du Conseil des Prélèvements Obligatoires recommandaient déjà en octobre 2024 de supprimer «ces dépenses inefficaces et inefficientes» loin de remplir «leur objectif d'aide à la scolarité».

Les rapporteurs Thomas Cazenave et Charles Sitzenstuhl (Renaissance) proposent plusieurs pistes de financement pour une réforme jugée «structurelle et indispensable» des bourses étudiantes sur critères sociaux, dont le coût est estimé entre 300 et 600 millions d'euros par la Direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle (DGESIP).

A chaque fois repoussé, le projet de réforme des bourses étudiantes prévoit de supprimer le système actuel d’échelons au profit d’un montant socle, assorti de «modulations» en fonction de la situation personnelle de l’étudiant. L’objectif : limiter les effets de seuil liés aux variations des revenus parentaux.