Un tournant majeur dans la politique familiale française ? Pour répondre aux évolutions démographiques et aux défis de la natalité, une proposition de loi visant à ouvrir le droit aux allocations familiales pour les familles n'ayant qu'un seul enfant devrait être discutée à l’Assemblée nationale. Elles sont au nombre de 3,5 millions en France. Cette proposition a déjà été votée à l’unanimité en commission des affaires sociales le 19 février. Pour l’instant, les allocations familiales sont versées aux foyers ayant au moins deux enfants de moins de 20 ans à partir du mois qui suit la naissance du deuxième enfant.

Cette règle, en place depuis l’après-guerre, a pour but de soutenir la natalité en baisse et d’alléger la charge financière des familles nombreuses, selon Actu.fr. Mais depuis, les familles monoparentales et les foyers avec un enfant unique se sont multipliés. Selon l’Insee, parmi les 10,6 millions de familles françaises, on compte près de 47 % de familles avec un seul enfant. Ainsi, la proposition de loi portée par Anne Bergantz, la députée MoDem de la deuxième circonscription des Yvelines, pourrait voir le jour sous la forme d’une aide forfaitaire «d’environ 70 euros par mois». Cela représenterait alors un budget de plus de 250 millions d’euros.

La loi ne concernerait que les enfants nés après la promulgation de celle-ci

Ce texte a pour objectif «de mieux accompagner l’ensemble des familles». «Les raisons de la baisse de la natalité sont multiples, grossesse plus tardive, infertilité, coût de l’immobilier, éco-anxiété, confiance en berne dans l’avenir, individualisme, modèle de la famille idéale qui évolue…», affirme Anne Bergantz. Cette dernière souhaite soutenir les parents dans les premières années de leur vie familiale, moment «où les investissements sont souvent les plus conséquents à assumer».

Si le texte venait à être adopté, il ne concernerait que les enfants nés après la promulgation de celui-ci. Dans un délai de six mois après la promulgation de la loi, le gouvernement devra d‘abord remettre au Parlement «un rapport détaillant les pistes de réforme des allocations familiales». Il évaluera le coût et les modalités d’une revalorisation des allocations familiales pour qu’elles soient «réellement universelles et versées à chaque enfant, sans occasionner une diminution de leur montant pour les familles nombreuses».