«Emmanuel Macron dit que le logement neuf est trop cher en France ? Eh bien, nous pensons la même chose !», grince Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), lors d’un point de conjoncture trimestriel, ce jeudi 15 mai. Après avoir enfin stagné l’an dernier, le prix moyen d’un appartement neuf est déjà reparti à la hausse, avec une augmentation de 1,5% au premier trimestre 2025, à 5 197 euros le mètre carré. Ce, bien que les ventes de logements neufs continuent de s’effondrer, de 10,3% au premier trimestre, par rapport aux trois premiers mois de 2024.

«Les précédents gouvernements, avant Barnier et Bayrou, pariaient sur une chute de 15% des prix du neuf, dans le sillage du plongeon des ventes provoqué par la remontée des taux de crédit immobilier. Mais non, les prix ne peuvent pas baisser dans le neuf, en raison de la rareté du foncier et des permis de construire, des normes et encore des normes, ainsi que des coûts de construction !», gronde le président de la FPI.

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D’importantes disparités de prix en fonction des villes

La remontée du prix moyen des logements neufs sur les trois premiers mois de l’année masque toutefois «d’importantes disparités locales», précise la FPI. De fait, sur les 10 plus grandes villes de France, la moitié affiche encore des prix en baisse, selon le baromètre semestriel du courtier Empruntis, réalisé en partenariat avec le site internet Trouver-un-logement-neuf, et publié le 14 mai. Ainsi, à Lyon, le prix d’un trois pièces, la surface de référence dans la promotion immobilière, est passé sous la barre des 400 000 euros au cours des six derniers mois, grâce à un recul de 2,3%. La baisse est de même ampleur à Nantes, où les prix avaient beaucoup monté dans le sillage de la crise sanitaire, et qui «reste aujourd’hui dans un marché déprimé, sur lequel les promoteurs continuent de faire des efforts, avec un prix moyen en baisse de 2,4%», expliquent Empruntis et Trouver-un-logement-neuf.

Des efforts pas simples, «la marge moyenne des promoteurs étant de 5% et non de 30% comme le pensait un précédent gouvernement», s’agace Pascal Boulanger, assurant que «beaucoup d’opérations sortent aujourd’hui avec des marges négatives». A Marseille, la baisse de prix est symbolique et «attention aux écarts de prix significatifs en fonction des quartiers et des arrondissements», met en garde l’étude. Si la cité phocéenne demeure malgré tout abordable, Toulouse l’est encore davantage, avec un prix moyen en deçà de 300 000 euros pour un trois pièces, en repli de 3,1%.

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