La Banque centrale européenne (BCE) n’a pas déçu les espoirs des emprunteurs immobiliers. Elle a poursuivi, ce jeudi 5 juin, la baisse de ses taux directeurs entamée il y a un an, avec un nouveau repli de 25 points de base, le huitième en 12 mois. «Un signal positif pour les emprunteurs», salue le courtier Pretto, puisque les banques, qui se refinancent en partie auprès de la BCE, «pourraient ainsi revoir leur grille de taux (de crédit immobilier) à la baisse» en juillet. Cela, conjugué à un taux de l'emprunt d'État à 10 ans retombé à 3,2% aujourd'hui contre 3,5% en mars, "devrait permettre aux banques de continuer à proposer des taux attractifs ces prochaines semaines", renchérit Sandrine Allonier, porte-parole du courtier Vousfinancer, qui y voit elle aussi «un signal très positif pour ceux qui ont un projet immobilier à court terme». Des taux demeurés stables en juin, à un peu plus de 3%, contre un pic de plus de 4% à l’automne 2023. Pascal Courtois, responsable des relations bancaires chez Artémis Courtage, espère même que «ce seuil psychologique des 3% sera cassé dès cet été». Sa consoeur Caroline Arnould, directrice générale de Cafpi, ne doute pas que les taux passeront sous les 3% d’ici à la fin de l’année.

Une tendance baissière qui devrait profiter à une catégorie d’emprunteurs spécifique, particulièrement courtisée par les banques en ce moment. Il s’agit des primo-accédants, qui achètent leur résidence principale pour la première fois, et qui ont été les premières victimes de la flambée des taux de crédit en 2022 et 2023, dans la mesure où ils disposent généralement de peu d’apport personnel. Chez Cafpi, le nombre de dossiers de primo-accédants traités a bondi de 133% sur les quatre premiers mois de 2025. Il faut dire qu’au-delà de la baisse des taux de crédit depuis un peu plus d’un an, les primo-accédants bénéficient, depuis le 1er avril dernier, de l’élargissement du prêt à taux zéro (PTZ) à l’ensemble du territoire français et aux maisons individuelles neuves, en plus des appartements neufs. Le PTZ est en effet réservé aux primo-accédants.

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Les primo-accédants «aisés», cible principale des banques

Preuve du regain d’intérêt des banques pour cette catégorie d’emprunteurs, plusieurs d’entre elles proposent désormais de compléter le PTZ par des prêts à taux bonifiés, c’est-à-dire inférieurs aux taux de marché. Dernière en date, LCL, qui propose jusqu’au 14 juin un prêt de 50 000 euros maximum au taux de 0,9% pour les personnes achetant leur première résidence principale ou qui acquièrent un bien peu énergivore, noté A, B ou C sur le diagnostic de performance énergétique (DPE).

Attention, les banques s’intéressent plus particulièrement aux «primo-accédants de moins de 35 ans, CSP+ avec plus de 80 000 euros de revenus annuels et une forte capacité à épargner», souligne Pretto. Une moyenne d’âge de 34 ans, 84 400 euros de revenus annuels, gagnés seul ou à deux, un emprunt de 293 000 euros au taux de 3,3% pour financer l’achat d’un bien immobilier de 95,5 mètres carrés vendu 353 000 euros… Tel est le portrait-robot des nouveaux propriétaires au premier trimestre 2025, dessiné par le courtier. C’est en effet ce type de clientèle qui, une fois ferrée par l’octroi d’un crédit immobilier, présente le plus important potentiel «d’équipement» en produits bancaires.

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