
La pression monte pour Airbnb chez nos voisins espagnols. Après le ministère de la Consommation, mi-mai, c’est désormais la ville de Barcelone qui s’attaque au géant de la location touristique. La municipalité exige que la plateforme retire, sous 48 heures, toutes les annonces de logements touristiques illégaux. Le 8 juillet, la commune a soumis une proposition de renouvellement de son accord avec Airbnb, en remplacement de celui signé en 2018, rapporte L’Indépendant.
Ce nouveau texte fait suite à une réunion tenue le 17 juin entre des représentants de la mairie et de la société américaine. Mais l’entretien n’a pas satisfait le maire socialiste Jaume Collboni, qui n’a pas mâché ses mots : selon lui, Airbnb serait «des collaborateurs indirects» de ces logements qui profitent du tourisme sans autorisation. La ville de Barcelone applique une politique stricte : les hôtes publiant des annonces sans licence s’exposent à des amendes allant jusqu’à 60 000 euros, ainsi qu’à une fermeture administrative du logement.
350 appartements illégaux sur Airbnb à Barcelone
La municipalité pointe également des annonces totalement farfelues. «Nous avons trouvé des publicités avec James Bond comme hôte et le numéro de licence était 007», a-t-elle indiqué. Selon la dernière estimation municipale, 350 appartements illégaux figurent actuellement sur Airbnb à Barcelone. Le site indépendant Inside Airbnb avance un chiffre bien plus élevé : plus de 11 000 logements entiers seraient proposés dans la ville, dont plus de 3 200 sans licence.
La mairie reproche à Airbnb plusieurs manquements : des annonces sans numéro de licence, alors que celui-ci est obligatoire dans de nombreuses régions d’Espagne ; l’absence de mention sur le statut juridique du bailleur (professionnel ou particulier), ce qui empêche de savoir si le locataire est protégé en tant que consommateur ; et l’utilisation de numéros de licence fictifs ou erronés. De son côté, interrogée par L’Indépendant lors d’un précédent avertissement du gouvernement espagnol, Airbnb avait exprimé son désaccord. «Aucune preuve attestant du non-respect des règles par les hôtes n’a été avancée», déclarait la plateforme. «Cette décision va à l’encontre des lois européennes et espagnoles et d’un précédent jugement de la Cour suprême espagnole», soutenait-elle.
La société américaine dénonçait alors un mauvais ciblage des autorités : «La cause profonde de la crise du logement en Espagne est un manque d’offre pour répondre à la demande. La solution est de construire plus de logements – tout le reste est mesures de diversion.» Et d’ajouter : «Réglementer les locations touristiques ne permet pas de pallier les problématiques de logement ni de remettre des logements sur le marché de longue durée – cela ne fait que nuire aux familles qui comptent sur la location occasionnelle de leur bien pour payer leurs factures et faire face à la hausse des coûts.»
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