Mise à jour du 8 juillet 2022 : selon nos informations, la Société générale a abandonné son pourvoi en cassation, formé dans le but de contester la décision de la cour d’appel de Paris condamnant le groupe pour harcèlement moral et sexuel. La salariée a donc définitivement remporté cette affaire face à la banque rouge et noir. Par ailleurs, l’audience à la cour d’appel d’Amiens sur la faute inexcusable de la Société générale, prévue le 21 juin dernier, a été décalée à février 2023.

Nouveau revers judiciaire pour la Société générale. Dans une décision rendue le 17 février dernier, la cour d’appel de Paris a condamné la banque pour harcèlement moral et sexuel envers une ancienne salariée, employée en CDI en 2003 comme conseillère clientèle, avant de rejoindre le pôle international, basé à Lille, en tant que technicienne de paiement. Elle a dénoncé, à partir de 2014, les agissements dont elle a été victime de la part de son supérieur hiérarchique et de ses collègues dans le cadre de ce dernier poste, lors d’entretiens et via des échanges de mails avec la direction du pôle services clients de Lille.

Dès cette année-là, cette salariée a été victime de blagues grivoises de la part de l’ensemble de son équipe. Mais la situation a vite empiré et “à partir de 2015, c’était un enfer”, témoigne-t-elle auprès de Capital. Cette dernière a subi des remarques régulières sur ses tenues vestimentaires ou sur le fait qu’elle était célibataire et sans enfant. Son supérieur l’humiliait également devant ses clients. Lors de la coupe du monde de rugby, en 2015, un photomontage a été réalisé avec l’ajout de son visage sur le corps d’une femme nue dans la boue.

Plusieurs photos et vidéos ont été prises avec son téléphone personnel par son supérieur et ses collègues. Dans l’une de ces vidéos, que nous avons pu consulter, son manager se filme en s’adressant à elle : “Bon, où t’es allée encore traîner là ? [...] Je vais te foutre un GPS dans le trou, comme ça je saurai à chaque moment où tu te trouves.” L’ensemble de son équipe répétait régulièrement à travers les bureaux “DTCAD”, un acronyme signifiant “Dans ton c*l A. D.” (A. D. étant les initiales de ses prénom et nom). Ses collègues ont d’ailleurs reconnu l’utilisation de cet acronyme, mais en lui donnant une signification soi disant différente, à savoir “Dans ton c*l à droite”. La salariée a également été victime d’isolement et son supérieur changeait constamment de place son bureau. Toujours en septembre 2015, par exemple, un repas a été organisé un midi avec l’ensemble des collègues de son service mais elle n’y a jamais été conviée.

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