Qu’est-ce que veut dire "private equity" (PE) ?

Private equity : définition

Le private equity désigne un type d’investissement qui consiste à investir dans des entreprises non cotées en bourse, généralement dans le but de les soutenir financièrement pour leur développement, ou de les restructurer afin de maximiser leur valeur avant de les revendre.

Ce type d’investissement est né aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. C’est le versant du public equity, c’est-à-dire des titres qui ont fait l’objet de procédures de cotation publique.

Objectifs des fonds de private equity

Le but de l’investissement est d’apporter des retours sur investissement élevés en soutenant la croissance (en termes de chiffre d’affaires) de l’entreprise, mais ces investissements comportent des risques, en raison de l’absence de liquidité immédiate et de la longue période des investissements (de cinq à dix ans).

Private equity en français : capital-investissement

En français, le terme "private equity" est couramment traduit par "capital investissement" ou "capital-risque". Il désigne l’ensemble des investissements réalisés dans des entreprises non cotées, par opposition aux investissements dans des entreprises cotées en bourse.

Private equity : exemple

En 2019, Ardian a acquis Neurones, une société spécialisée dans le conseil en technologies et l’intégration de systèmes informatiques. Dans ce cas, Ardian a opté pour un modèle de capital-transmission (ou buyout), où il a acheté une part significative de l’entreprise pour la revendre à terme, après avoir contribué à son développement et à son optimisation.

Qui investit dans les fonds de private equity ?

Acteurs impliqués

Les fonds de private equity sont souvent constitués par des acteurs institutionnels (banques, compagnies d’assurances, fonds de pension, etc.) ou des investisseurs privés (individus fortunés, car les tickets d’entrée sont élevés), ce qui a été facilité par la loi Macron de 2015.

Fonds spécialisés

Mais globalement, les participations engagées par le private equity sont souvent acquises par des fonds spécialisés. Ils prennent des participations minoritaires ou majoritaires, qui seront conservées entre trois et sept ans avant d’être cédées à d’autres investisseurs.

La valeur créée par ces opérations résulte de la croissance des entreprises qui peuvent ensuite espérer une introduction en bourse.

Comment investir en private equity ?

Les fonds de capital-risque investissent en fonction de différentes classes d’actifs. Le capital-investissement comprend, en effet, plusieurs stratégies d’investissement, telles que le capital développement, le capital transmission (ou buyout), etc.

Le capital innovation

Le capital innovation est une forme de financement par private equity destinée à soutenir des entreprises jeunes, souvent à un stade très précoce de leur développement. Les entreprises soutenues par le capital innovation sont souvent en phase de recherche et développement, avec des produits ou services innovants, mais des revenus faibles ou inexistants à court terme.

Les gestionnaires de fonds investissent alors dans des startups innovantes, généralement dans des secteurs à fort potentiel de croissance tels que les nouvelles technologies de l’information et de la communication, des sciences du vivant (biotechnologies, etc.), ou encore dans les secteurs de l’électronique, des nouveaux matériaux et des énergies propres. L’espérance de gain peut être extrêmement élevée.

Le capital développement

Le capital développement s’adresse à des entreprises matures et rentables qui sont déjà bien établies, mais cherchent des financements pour accélérer leur croissance. Il intervient dans des sociétés avec des revenus stables, mais qui nécessitent un soutien financier pour étendre leur capacité de production, se diversifier ou s’internationaliser.

L’objectif est de prendre une participation minoritaire dans le capital de ces entreprises, sans en prendre le contrôle, afin de les accompagner dans leur expansion et participer à leur création de valeur.

Le capital retournement

Le capital retournement se concentre sur les entreprises en difficulté financière, souvent confrontées à une baisse de rentabilité ou à des problèmes structurels. Il intervient donc pour financer la restructuration interne de l’entreprise et l’aider à retrouver sa rentabilité à long terme.

Le but est de relancer l’entreprise, de remettre de l’ordre dans ses finances et de redonner confiance aux partenaires financiers. Une fois la restructuration réalisée et la rentabilité retrouvée, l’entreprise peut être revendue ou continuer son cycle de vie.

Le capital transmission

Le capital transmission (leveraged buy-out) intervient dans des entreprises déjà rentables, mais où les propriétaires souhaitent céder leur part ou se retirer. L’objectif est d’acheter une société en utilisant des techniques financières, notamment des emprunts bancaires à long terme et des mécanismes d’effet de levier.

Les investisseurs dans le capital transmission prennent souvent une participation majoritaire, voire le contrôle complet, pour pouvoir mettre en œuvre des changements nécessaires à l’amélioration de la performance de l’entreprise.

Private equity : dans quels types de fonds investir ?

Private equity : types de fonds utilisés

Les investissements dans les fonds de private equity ont longtemps été réservés aux investisseurs institutionnels, mais ils se démocratisent. Des parts de ces fonds peuvent être acquises par les particuliers via un compte-titres, un PEA ou encore à l’intérieur d’une enveloppe fiscale comme l’assurance-vie (via les unités de compte). Voici les principaux.

Fonds communs de placement à risques

Les FCPR (fonds communs de placement à risques) sont des fonds d’investissement qui sont destinés à financer des entreprises non cotées en bourse, généralement des sociétés à potentiel de croissance, mais qui présentent un risque plus élevé en raison de leur manque de liquidité.

Les FCPR doivent investir au minimum 50 % de leur actif dans des titres de sociétés non cotées, ce qui implique que les investisseurs acceptent une certaine illiquidité, car ces entreprises ne peuvent pas facilement être revendues sur un marché financier public.

Fonds communs de placement dans l’innovation

Les FCPI sont une catégorie spécifique de fonds de private equity, qui misent sur des placements dans l’innovation et pour des sociétés non cotées, dans des secteurs à forte composante technologique ou scientifique, tels que l’intelligence artificielle. Un FCPI doit investir au moins 60 % de son actif dans des sociétés en phase de développement innovant.

Fonds d’investissement de proximité

Les Fonds d’Investissement de Proximité (FIP) investissent dans des PME régionales non cotées. Un FIP doit consacrer au moins 60 % de ses investissements à des entreprises situées dans une région donnée, ce qui permet de soutenir le développement économique local. Ces fonds financent souvent des secteurs comme l’artisanat, les services, etc.

Attention, les FCPI et les FIP sont soumis à l’agrément de l’AMF et doivent être proposés par des sociétés de gestion également visées par cette institution.

Quel private equity choisir ?

Tolérance au risque

Si vous êtes prêt à prendre des risques pour un rendement potentiel plus élevé, vous pourriez être attiré par les FCPI ou les FCPR. Les FIP, quant à eux, comportent des risques, mais sont davantage axés sur le soutien aux entreprises locales et ont un profil de risque plus modéré.

Objectifs fiscaux

Certains types de fonds comme les FCPI ou les FIP sont particulièrement attractifs en raison des avantages fiscaux (réduction d’impôts). Si vous cherchez à réduire vos impôts tout en investissant dans des secteurs spécifiques, ces fonds peuvent être intéressants.

Horizon de placement

Le private equity nécessite un horizon d’investissement à long terme (cinq à dix ans), car les fonds investissent dans des entreprises non cotées, moins liquides. Si vous recherchez des investissements à plus court terme, les fonds de private equity peuvent ne pas être la meilleure option.

Impact géographique

Si vous souhaitez soutenir des entreprises locales, les FIP sont conçus pour investir spécifiquement dans des PMEde votre région. Ils peuvent être un choix judicieux si vous souhaitez avoir un impact sur l’économie locale tout en bénéficiant d’une gestion professionnelle des investissements.

Pourquoi investir en private equity ?

Private equity : un rendement élevé

L’attrait du private equity est sa performance et donc son potentiel de rendements élevés. Contrairement aux investissements traditionnels, ils cherchent à investir dans des entreprises à fort potentiel de croissance, mais souvent moins développées ou liquidées. Ces entreprises peuvent offrir des rendements exceptionnels si elles réussissent à croître et à se stabiliser.

Diversification patrimoniale

Les fonds de private equity permettent de diversifier un portefeuille d’investissements, souvent composé d’actions cotées et d’obligations. L’ajout d’investissements dans des entreprises non cotées peut réduire la corrélation entre les actifs financiers traditionnels et ceux du private equity, offrant ainsi une protection contre les fluctuations des marchés financiers.

Avantages fiscaux

Les investissements en private equity peuvent offrir des avantages fiscaux intéressants, notamment à travers les FCPI, les FCPR et les FIP. Ces fonds sont souvent associés à des réductions fiscales, ce qui peut rendre l’investissement plus attractif.

Accès à des marchés non liquides

Les investissements en private equity permettent d’accéder à des marchés non cotés, qui peuvent offrir des opportunités que l’on ne trouve pas dans les marchés boursiers publics. Ces investissements sont réalisés dans des PME locales, des startups ou des entreprises en phase de croissance.

Potentiel de liquidité

Bien que les investissements en private equity soient moins liquides, il existe des opportunités de sortie à travers des mécanismes comme les IPO, les rachats d’actions ou les fusions et acquisitions. Ces événements peuvent permettre aux investisseurs d’engranger des liquidités une fois que l’entreprise a atteint une meilleure performance.

Contrôle et flexibilité

Contrairement aux actions cotées, où l’investisseur est un actionnaire passif, investir en private equity permet d’avoir un certain contrôle sur les décisions de l’entreprise. Ainsi, il est souvent possible d’influencer les décisions de gestion, ce qui permet de mieux adapter les investissements en fonction des objectifs et des résultats attendus.

Quels sont les risques du private equity en finance ?

Un business parfois risqué

Le capital-investissement peut s’avérer risqué si les sociétés financées ne tiennent pas leur promesse. La valorisation actuelle des titres non cotés détenus par un fonds peut en effet baisser avant leur cession à un autre investisseur. Le capital investi n’est pas garanti et un risque de perte existe.

Une immobilisation des capitaux

Par ailleurs, même si certains produits hybrides permettent une sortie anticipée, le capital-risque implique souvent une immobilisation des capitaux sur le long terme (environ huit ans). Ce n’est qu’une fois la phase de désinvestissement du fonds achevé que sa liquidation peut avoir voir lieu et que les porteurs de parts récupèrent leur mise (et les plus-values éventuelles).

Importance du DICI

Avant de s’engager dans un fonds, il est préférable de lire le DICI (Document d’Information Clé pour l’Investisseur) afin d’identifier ses caractéristiques et d’identifier le niveau des frais (souscription, fonctionnement, etc.) qui viendront entacher sa rentabilité.

Combien de fonds de private equity y a-t-il en France ?

Il est difficile de déterminer le nombre exact de fonds présents dans l’industrie du private equity, car ce secteur est en constante évolution. Cependant, selon une liste détaillée disponible sur Invest Prep, il existe environ 360 fonds, couvrant divers segments et thèses d’investissement.

Quels sont les meilleurs private equity ?

Indépendamment de tout classement, les fonds suivants se distinguent par leur expertise sectorielle, leur stratégie d’investissement et leur capacité à générer des rendements attractifs.

Montagu private equity

Fondé en 1968, Montagu est une société britannique de capital-investissement spécialisée dans les rachats d’entreprises performantes, avec des valeurs d’entreprise comprises entre 200 millions et 1 milliard d’euros. Elle se concentre sur cinq secteurs clés : la santé, les services financiers, les données critiques, les infrastructures numériques et l’éducation.

KKR private equity

Fondé en 1976, KKR est l’un des plus grands fonds de private equity, avec une présence significative en Europe, notamment en France. Il investit dans divers secteurs, y compris l’immobilier, les infrastructures et les énergies renouvelables, en mettant l’accent sur la création de valeur à long terme pour ses investisseurs.

Ardian

Anciennement pôle de private equity d’AXA, Ardian est une société française indépendante de capital-investissement, fondée en 1996. Elle gère plus de 160 milliards d’euros pour 1.400 clients et se concentre sur cinq piliers : fonds directs, fonds de fonds, infrastructures, immobilier et dette privée.

Bpifrance

Banque publique d’investissement française, Bpifrance soutient le financement et le développement des entreprises françaises, en particulier les PME et les ETIinnovantes. Elle offre des solutions de financement en private equity et des conseils en développement.

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