Depuis trois ans, votre café du matin vous fait grimacer… et ça n’est pas à cause de son amertume ! Depuis 2021, le marché mondial du café a viré à la crise de nerfs avec des cours qui ont flambé. La raison ? Des aléas climatiques avec de fortes périodes de gel et de sécheresse au Brésil et au Vietnam -les principaux pays producteurs-, les coûts logistiques qui se sont envolés avec la crise du canal de Suez, et la spéculation de certains acteurs.

Conséquence : le cours de l’arabica a bondi de 190% entre janvier 2023 et décembre 2024 et celui du robusta de 263% ! Sur les premiers mois de l’année 2025, la tendance est plus calme. Le cours de l’arabica ne progresse «plus» que de 20% et de 10% pour le robusta. Mais pour Lavazza, leader du café en France avec un chiffre d’affaires de 471 millions d’euros (+2,4%), la note est salée. «Nos coûts d’achat de matières premières sont passés de 600 millions d’euros en 2019 à 1,6 milliard d’euros en 2024 pour le même volume de café», explique Giuseppe Lavazza, PDG de Lavazza. Alors forcément les prix dans les rayons des supermarchés ont eux aussi pris un coup de chaud. Par exemple, le paquet de café moulu 500 grammes Carte Noire, marque rachetée en 2016 par Lavazza, a grimpé de 6 à 9 euros entre 2023 et 2025, soit un bond de 50% ! «Les négociations commerciales ont été très tendues avec les enseignes de distribution mais nous avons réussi à passer des hausses de prix supérieures à 10% pour l’année 2025 2025», explique Pietro Mazzà, directeur général de Lavazza France, premier marché du groupe devant l’Italie. La pilule est dure à avaler, même pour le consommateur accro à son expresso. Alors pour éviter des tarifs exorbitants qui auraient pu provoquer la fuite des clients (la consommation mondiale a déjà diminué de 3,5% en 2024), une grande partie de l'inflation a été absorbée par le groupe familial, dont le bénéfice net ressort tout de même à 82 millions d’euros en 2024, en hausse de 20,6%. «Nous avons protégé les consommateurs en contenant les prix mais nous avons également dû préserver notre rentabilité», ajoute le PDG du groupe.

Des conditions climatiques encourageantes

Mais voici que le ciel pourrait s'éclaircir. «Malgré un début d’année 2025 encore très incertain, nous pensons que l’année 2026 va être plus calme et que les cours du café vont être moins volatils», espère Giuseppe Lavazza. La raison de cet optimisme ? Une production qui va être plus volumineuse au Brésil et un début d’hiver austral sans gel pour le moment. Si dame nature reste calme et que les récoltes de fin 2025 se passent sans accroc climatique, la pression sur les cours mondiaux pourrait retomber. Une bonne nouvelle ! Peut-être qu’en 2026, votre café du matin aura un goût un peu moins amer… pour votre portefeuille.