Le début d’une nouvelle crise ? Après une décennie de négociations, la Thaïlande a fini par signer un contrat avec Pékin prévoyant l’achat d’un sous-marin à propulsion diesel-électrique Type 039A chinois. Cette commande, pas tellement importante d’un point de vue militaire, est en fait plus que symbolique. En effet, Bangkok s’aligne habituellement sur les positions des États-Unis.

Le sous-marin acheté fait 77 mètres et devrait être livré en 2028. Il permettra avant tout à la Thaïlande de réaffirmer son autonomie sur les États-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Bangkok avait participé à la guerre du Vietnam aux côtés de Washington et a rejoint Organisation du traité de l'Asie du Sud-Est, équivalent asiatique de l'OTAN, en 1954. La Thaïlande est même officiellement reconnue comme un «allié majeur non-membre de l'OTAN», selon les États-Unis.

Des relations déjà sous tension ?

En raison de restrictions budgétaires, mais également de l'embargo de l'Union Européenne imposé à la suite du massacre de la place Tian'anmen, Bangkok a dû trouver de nouvelles options pour équiper sa flotte. «Malgré l'alliance officielle de la Thaïlande avec les États-Unis, la stratégie politico-militaire de Bangkok privilégie l'autonomie et le maintien de l'ambiguïté par le refus de la domination» d'un partenaire du pays, a éclairé Greg Raymond, maître de conférences au Centre d'études stratégiques et de défense de la Coral Bell School of Asia Pacific Affairs, auprès d'Interesting Engineering.

Reste désormais à savoir comment Donald Trump réagira à cette décision de la Thaïlande dans les prochaines semaines. Pour rappel, la dernière décennie a déjà été marquée par un refroidissement des liens entre les deux pays, la Maison Blanche critiquant le coup d'État de mai 2014.