
«Les perspectives pour 2026 apparaissent plus favorables, portées par une normalisation progressive du contexte politique», et par «le regain d'intérêt potentiel des investisseurs» dans un «environnement de marché plus stabilisé», a indiqué le cabinet de conseil. L'an dernier, seulement deux introductions en Bourses ont été réalisées à Paris, comme en 2024, un «niveau historiquement bas», a relevé Julie Madjour, associée chez EY, interrogée par l'AFP. Et le nombre d'entreprises cotées à Paris a nettement reculé, passant de 608 à 579.
Les offres publiques d'achat (OPA), procédure qui permet à un investisseur de renforcer sa participation dans une société cotée, ont elles atteint l'an dernier leur point le plus bas «en dix ans», avec 18 offres, contre 36 l'an dernier. Cela «s'explique notamment par l'incertitude politique, provoquée par la dissolution de l'Assemblée nationale» en juin 2024, avec une instabilité qui s'est prolongée l'an dernier et a provoqué un «attentisme» à Paris, a ajouté Julie Madjour.
Le rôle majeur du contexte géopolitique
La place a aussi fait les frais de la faiblesse des entrées en Bourse dans toute l'Europe, en raison de l'incertitude géopolitique liée à la politique commerciale de Donald Trump. Le continent est aussi peu présent dans la tech, qui porte la dynamique des introductions en Chine et aux Etats-Unis. Avec l'adoption mardi du budget 2026, la «situation se stabilise» et une «fenêtre pourrait s'ouvrir avant 2027» et l'élection présidentielle, qui pourrait à nouveau provoquer de l'instabilité, a expliqué Mme Madjour. Quelques dossiers sont déjà avancés : le promoteur d'immobilier de luxe Rising Stone s'est enregistré début janvier auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF) et l'industriel de défense de KNDS table sur une double cotation à Paris et Francfort.
Le secteur de la défense devrait d'ailleurs être porteur en Europe, en raison des investissements massifs des Européens pour renforcer leur autonomie stratégique face aux Etats-Unis. «Il est clair que le début de l'année est exceptionnel (...) et la dynamique dans l'aéronautique et la défense est sans précédent», a assuré Stéphane Boujnah, patron de Euronext, qui détient notamment les Bourses de Paris, d'Amsterdam, d'Oslo ou encore de Milan.


















