
Crédit Agricole est en mode «rouleau compresseur» : plan ACT 2028 assumé offensif, et accélération en Italie via Banco BPM, le tout dessinant un profil de croissance rentable très correct sur le moyen terme. «Le vrai sujet reste le cycle de crédit - coût du risque en montée potentielle et normalisation des taux - mais la banque arrive dans cette phase avec une rentabilité au-dessus de la moyenne et des ratios d’efficacité qui lui donnent une vraie marge de manœuvre», juge James D. Touati (dit le Loup de Zurich), consultant, formateur, trader et président-fondateur de The Nest, interrogé par Capital.
La BCE s’apprête à donner un feu vert conditionnel à la montée de Crédit Agricole au capital de Banco BPM. La banque verte devrait porter ses parts de 20% vers 24,9%, puis 29,9% d’ici avril 2026, ce qui «ancrerait plus profondément Crédit Agricole dans le paysage bancaire italien», souligne l’expert. En parallèle, Crédit Agricole Assurances a placé 750 millions d’euros de dette subordonnée Tier 2 à 4,125% échéance 2036, une opération sursouscrite plus de 3,2 fois, utilisée pour lisser le mur d'échéance et optimiser le capital dans le cadre de Solvabilité II.
Crédit agricole est dans le haut du panier en termes de profitabilité et d’efficacité, les profits de la banque grimpent
Crédit Agricole «affiche aussi ses couleurs sur le segment obligataire durable, en anticipant pour 2026 un léger rebond des émissions green, social et sustainability après le trou d’air de 2025, confirmant sa volonté de rester un acteur central de la finance ESG (c’est-à-dire respectueuse des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, NDLR)», fait valoir le Loup de Zurich. Crédit Agricole S.A. a signé de bons résultats au troisième trimestre 2025. La banque verte a réalisé un résultat net part du groupe de 1,836 milliard d’euros, en progression de 10,2% sur un an, porté par des revenus toniques, un coût du risque sous contrôle et un coefficient d’exploitation contenu.
Sur neuf mois 2025, le ROTE (rentabilité des fonds propres tangibles, une mesure de la rentabilité actionnariale) atteint 15,4%, avec un ratio coût/revenus autour de 54,6%, des niveaux qui «placent la banque dans le haut du panier européen en termes de profitabilité et d’efficacité opérationnelle. La production de crédits reste bien orientée, avec une reprise nette de l’immobilier résidentiel en France (+18% sur un an au troisième trimestre) et une dynamique robuste sur les entreprises (+14%), pendant que la BFI (banque de financement et d’investissement) enchaîne les trimestres de revenus records», souligne le consultant.
Stratégie de Crédit Agricole et plan ACT 2028 : la banque affiche ses ambitions et l’Italie est un important relais de croissance
Le plan ACT 2028 de Crédit Agricole fixe la barre haut : 60 millions de clients, environ 3 500 milliards d’euros d’épargne et plus de 30 milliards d’euros de revenus à l’horizon 2028, dont près de 60% générés hors de France, ce qui «acte la bascule vers un modèle plus international. Les cibles financières incluent un coefficient d’exploitation sous les 55% et une rentabilité encore améliorée, en misant sur l’Europe et l’Asie, les métiers d’épargne, la banque de marchés et tout le spectre des activités liées à la transition énergétique», indique l’expert.
Sur 2026‑2028, Crédit Agricole vise une progression modérée mais régulière de ses revenus, reposant sur «une normalisation – et non un effondrement – de la marge d’intérêt, une hausse des commissions (gestion d’actifs, assurance, services aux entreprises) et l’extension internationale, avec l’Italie comme relais de croissance clé», note James D. Touati. L’Italie – via CA Italia et Banco BPM – apparaît comme l’un des principaux terrains de jeu de Crédit Agricole : densification du réseau, accélération digitale, montée en gamme sur la clientèle patrimoniale, PME, wealth management (gestion de fortune) et assurance dommages.
Quelles perspectives pour les actions Crédit Agricole ? Quel potentiel selon l’analyse financière et l’analyse technique ?
Le profil de risque de Crédit Agricole «reste maîtrisé à ce stade, même si une hausse des défauts sur le crédit immobilier et les PME, dans un environnement de taux encore restrictif en 2026, demeure le point de vigilance numéro un sur le coût du risque», indique le Loup de Zurich. Sur les actions Crédit Agricole, certains analystes s’attendent à un rendement des dividendes de l’ordre de 6-7%, une rentabilité à deux chiffres, un potentiel de revalorisation d’environ 20% d’ici 2027, «sous réserve d’un cadre macroéconomique et réglementaire stable», nuance l’expert. Selon l’analyse financière, alors que Crédit Agricole se paie en Bourse moins de 8 fois les profits attendus pour 2028, AlphaValue a un juste prix estimé de 23,50 euros pour les actions, ce qui laisse entrevoir pour Crédit agricole un potentiel de hausse en Bourse significatif à moyen terme.
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