
Le monde de l’art a été bousculé. Christie’s a ouvert jeudi 20 février une vente consacrée aux œuvres réalisées avec l’aide de l’intelligence artificielle. Une vingtaine de pièces ont ainsi été mises en vente et sont disponibles jusqu’au 5 mars, rapporte 20 Minutes. Ce n’est pas la première fois qu’une société de vente aux enchères se mêle à l’IA. Sotheby’s avait également proposé des objets conçus de cette façon.
Christie’s présente ainsi notamment une œuvre de l’Américain Charles Csuri, datée de 1966. Ce pionnier de l’art utilisant l’informatique a déformé des dessins grâce à un logiciel. Une série de neuf tableaux issus d’un échange entre deux modèles d’IA, signée par l’Américain Pindar Van Arman et estimée à 250 000 dollars, est aussi mise à disposition des acquéreurs. Cette vente a provoqué la polémique et une pétition a été diffusée en ligne pour demander son retrait, indique le journal.
Une vente qui «exploite des artistes humains»
La pétition, qui a recueilli plus de 6 400 signatures, accuse Christie’s d’avoir mis aux enchères des œuvres créées à l’aide de modèles d’IA «connus pour avoir utilisé sans autorisation des travaux protégés par le droit de la propriété intellectuelle». Elle pointe également du doigt un système qui «exploite des artistes humains, en utilisant leur travail sans autorisation ni paiement pour créer des produits d'IA commerciaux qui leur font concurrence».
Interrogé par nos confrères et signataire de la pétition, l’illustrateur Reid Southern demande que soient retirées les œuvres qui n’utilisent pas leur propre logiciel. Selon lui, il s’agit d’un tiers de la vente. L’artiste Rafik Anadol qui participe à l’événement a défendu Christie’s sur X, assurant que «la majorité des artistes du projet utilisent leurs propres données et leurs propres modèles».


















