Les zones «no kids» suscitent un vif débat en France. Ce mardi 27 janvier, la députée Liot Constance de Pélichy, élue du Loiret, a annoncé une proposition de loi visant à interdire ces espaces excluant les enfants. De plus en plus présents dans les transports, hôtels ou restaurants, ces lieux sont jugés discriminants envers les enfants et les familles. Le déclencheur de cette initiative législative est la récente polémique autour de la SNCF, qui a annoncé la création d’une nouvelle classe business, Optimum Plus, réservée aux adultes dans certains TGV.

«Ce n'est pas du tout contre les enfants. Dans nos trains, non seulement les enfants sont les bienvenus, mais ils sont surtout de plus en plus nombreux», s’est défendu le PDG de la compagnie, Jean Castex, face aux critiques. L’ancien Premier ministre a rappelé que des espaces familiaux et des tarifs adaptés sont proposés, et que cette nouvelle classe vise à répondre aux besoins des voyageurs professionnels. Ces arguments ne convainquent cependant pas Constance de Pélichy. Selon la députée, il n’existe aucune justification à l’exclusion des enfants de ces espaces.

Un «signal profondément délétère»

«Cette initiative de la SNCF pose une question fondamentale sur notre société, on stigmatise des personnes qu'on considère comme des éléments perturbateurs», déplore-t-elle auprès de RTL.fr. Son projet ne se limite pas aux trains : il viserait tous les lieux publics où l’exclusion des enfants n’est pas justifiée, comme les hôtels, restaurants ou espaces commerciaux. «Quand vous remplacez des enfants par une autre classe d'âge, vous appelez ça comment ? C'est de la discrimination», affirme-t-elle.

Le texte proposé prévoit de modifier l’article 225-1 du Code pénal en introduisant explicitement la notion de discrimination liée à l’exclusion des mineurs. Cette mesure s’inspire d’une initiative antérieure de la sénatrice Laurence Rossignol, déposée en 2024, qui dénonçait déjà l’intolérance croissante envers les enfants dans les transports, l’espace public et les lieux de loisirs.

La députée Liot espère désormais obtenir le soutien du gouvernement. La porte-parole Maud Bregeon a d’ores et déjà critiqué l’offre de la SNCF : «Le signal envoyé aux familles et aux parents quant à la place des enfants dans la société est profondément délétère», a-t-elle déclaré sur LCI, soulignant la baisse «très inquiétante» de la démographie en France.