
C’est peut-être un cauchemar pour les actifs. Frédéric Juge est kinésithérapeute dans les Yvelines. Chaque jour, il peut voir jusqu’à 150 patients. Un chiffre record, qui peut poser question. D’ailleurs, la Sécurité sociale s’est penchée sur ce cas, et ce qu’elle a constaté l’a fait bondir. Depuis, la Caisse primaire d’assurance maladie demande au kinésithérapeute de rembourser un trop-perçu dont le montant s’élève à un million d’euros, selon les informations de 78actu. Un trop-perçu causé par le fait d’avoir «trop travaillé». Par la même occasion, la CPAM lui demande aussi de ralentir son rythme.
Ce kinésithérapeute est installé dans les Yvelines depuis 1990. Et comme d’autres kinés, il parvient à recevoir plusieurs patients simultanément. Quand l’un des patients est manipulé par Frédéric Juge, d’autres pratiquent des exercices qui leur ont été prescrits dans le cadre de leur traitement. Ainsi, il arrive à recevoir sept à huit patients en même temps. «Notre organisme a considéré que vos facturations au-delà de 30 patients par jour étaient une anomalie», indique la CPAM.
Une défense qui divise la profession
Pour les kinésithérapeutes, la réglementation impose de consacrer au moins 30 minutes individuelles par patient, et ce, pour s’assurer que les soins apportés sont de qualité. Mais en calculant, Frédéric Juge ne serait pas du tout capable de suivre cette règle tout en accueillant autant de patients par jour, même en douze heures de travail.
Mais le kinésithérapeute conteste la demande de trop-perçu de la CPAM. Interrogé par Le Parisien le 10 octobre dernier, il expliquait alors que le fonctionnement de son cabinet lui permet tout à fait de recevoir autant de patients par jour. En effet, le cabinet serait équipé de manière que ses patients puissent être autonomes. Selon les informations du journal, il ajoutait d’ailleurs que les soins dans son cabinet utilisent l’électrothérapie, qui consiste à donner de petites impulsions électriques aux patients en rééducation. Cette pratique nécessiterait d’après le médecin des moments où le kinésithérapeute n’intervient pas, tandis que le patient, lui, reste actif dans le cabinet. Mais cette explication, d’autres kinésithérapeutes la trouvent inacceptable. Selon certains kinésithérapeutes, pour bien soigner ses patients, il faut lier une présence et une attention aux aspects physiques autant que psychologiques. En raison du désaccord de Frédéric Juge, l’affaire se réglera donc devant la justice. Mais en attendant une décision judiciaire, le kinésithérapeute doit réduire son activité.


















