
Voyager en avion en France n'a rien eu d’un long vol tranquille l'an dernier. En effet, selon les données croisées des spécialistes du contentieux aérien AirHelp et Flightright relayées par Ouest-France, près de 30 % des vols opérés en 2025 ont subi des perturbations. Le constat est d'autant plus frappant que le trafic a légèrement reculé : 90 millions de passagers ont été transportés, soit trois millions de moins qu'en 2024, indiquent les chiffres des deux études.
Cette dégradation de la ponctualité s'explique en partie par les mouvements de contestation sociale, en particulier les grèves de contrôleurs aériens, qui ont pesé sur l'ensemble du réseau. AirHelp classe ainsi la France au troisième rang des pays européens les plus touchés, derrière le Portugal et la Grèce. De son côté, Flightright confirme cette tendance, soulignant que «32 % des vols en France ont été retardés» et que «l'analyse de 2025 valide la dégradation de la ponctualité des vols».
Plus de 3 500 retards supérieurs à trois heures
Dans le détail, AirHelp recense plus de 9 000 vols annulés et plus de 3 500 retards supérieurs à trois heures. Et la note grimpe très vite : plus de 1,4 million de passagers pourraient prétendre à une indemnisation pour des perturbations subies en France en 2025. La situation est bien différente ailleurs parmi les pays voisins, comme en Espagne, en Allemagne ou au Royaume-Uni, qui affichent des taux de ponctualité supérieurs à 74 %, malgré un trafic nettement plus élevé.
Tous les aéroports français ne sont toutefois pas logés à la même enseigne. Si Paris-Charles de Gaulle affiche un taux de ponctualité limité à 65,2 %, Orly s'en sort mieux avec 78,6 %. En région, Nice, Marseille ou Beauvais restent en retrait, tandis que Nantes, Bordeaux ou Toulouse figurent parmi les plateformes les plus fiables. Nantes Atlantique atteint ainsi 78 % de vols à l’heure, et Bordeaux-Mérignac dépasse même les 79 %. Face à ces dysfonctionnements, les voyageurs disposent d’un levier juridique. Flightright rappelle que le règlement européen CE 261/2004 impose aux compagnies une assistance dès deux heures de retard et ouvre droit, au-delà de trois heures, à une indemnisation comprise entre 250 et 600 euros selon la distance parcourue, sauf circonstances extraordinaires.
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