L’article 49.3 a été utilisé par le Premier ministre sur la partie recettes du budget 2026. Pas de vote donc, mais la «moins mauvaise des solutions», a mis en avant Sébastien Lecornu, qui devrait actionner cet outil ce vendredi sur la partie dépenses. Sous couvert d’anonymat, un député Horizons laissait entendre mardi 20 janvier qu’il s’agissait d’un «budget pour durer», fait «ni pour économiser ni pour moins fiscaliser ni pour rationaliser les dépenses publiques». Mais des dépenses, il y en a trop, beaucoup trop même, dénonce Agnès Verdier-Molinié.

Dans un de ses éditos sur CNews, la directrice de la fondation IFRAP, le think tank dédié à l'analyse des politiques publiques, rappelle dans un premier temps que l’on est aujourd’hui «à maximum quatre milliards d’euros d’économies» pour 2026. «C’est vraiment rien du tout», déplore-t-elle. Or, sur ces quatre milliards d’euros, une grande partie doit être réalisée par les collectivités locales. «Or, on comprend bien que le gouvernement ne peut pas décider que les collectivités vont faire des économies», met-elle en avant.

Les dépenses et les impôts en hausse

Le constat est simple pour Agnès Verdier-Molinié : «On peut se dire que cette année, on sera quasiment à zéro économies en dépenses.» Comment en est-on arrivé là ? Pour parvenir à un accord, les socialistes ont fait supprimer le peu de baisses de dépenses prévues. «La non-censure du PS va coûter neuf milliards de hausses de dépenses», rappelle-t-elle. «Adieu les fameuses économies. On continue à faire exactement l’inverse de ce qu’il faut faire. Au lieu de baisser les dépenses, baisser les impôts, on augmente les dépenses on augmente les impôts», dénonce celle qui est aussi lobbyiste.

L’autre problème lié à ce budget qui devrait être adopté, ce sont les conséquences pour les Français. «Ensuite, on va dire : ‘Le net dans la poche des Français quand ils travaillent, il est trop faible’ ou ‘les entreprises font faillite’ et ’il n’y a pas de compétitivité’… On continue quand même la même histoire tout ça pour durer un peu plus longtemps.» Agnès Verdier-Molinié estime qu’on fait davantage du court terme «alors qu’au moyen long terme, on est tous perdants».

Dernier point soulevé par la directrice générale de l’IFRAP : le coût aussi bien pour les entreprises que les ménages : «80 % des impôts en mesures nouvelles vont être payés par les entreprises. Et les ménages vont payer aussi plus cher.» Agnès Verdier-Moliné pointe du doigt la hausse de la CSG sur les revenus du capital qui va concerner tous les plans d'épargne retraite, et qui va «augmenter pour 1,5 milliard d’euros».