
Une grève déjà très suivie. Ce jeudi 3 juillet, plus de 900 vols ont été annulés à Paris-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly, Nice, Bastia ou encore Marseille. Et la situation ne devrait guère s’arranger vendredi 4 juillet. En cause, un mouvement de grève initié par un des syndicats de contrôleurs aériens, l’UNSA-ICNA. Mercredi, le ministre des Transports jugeait leurs revendications «inacceptables» ainsi que «le choix de faire cette grève au moment des grands départs en congé». Dans la journée, les compagnies aériennes ont aussi dénoncé la grève «intolérable» des aiguilleurs du ciel.
Mais que réclament les contrôleurs aériens ? Dans leur viseur, la réforme portée par le ministre depuis son arrivée. L’UNSA-ICNA réclame «un changement de cap indispensable» et fustige une «trajectoire autoritaire, fondée sur un management vertical et délétère, reposant sur la défiance». Plus précisément, ils dénoncent les nouvelles pointeuses biométriques et le badge sur position, souligne TF1. «La pointeuse suscite un rejet massif au sein des organismes», peut-on lire sur le tract de l’ICNA.
Des défaillances sur le temps de travail
Depuis l’incident survenu à Bordeaux en 2022 où deux appareils ont failli entrer en collision, le gouvernement veut installer ce système de pointage. Pour les aiguilleurs du ciel, il faudra donc pointer à leur prise de poste. Quant aux badgeuses fixes, elles doivent permettre de savoir où se trouvent les contrôleurs et compter le nombre d'heures de travail effectuées. Interrogé par TF1, un contrôleur aérien s’agace : «Les agents n'ont pas besoin d'être infantilisés ou suivis à la trace pour faire correctement leur travail».
Pour celui qui est également porte-parole de l'Union syndicale de l'Aviation Civile (UNAC), «ce sont des méthodes qui ne sont pas à la hauteur d'agents qui ont les responsabilités qui sont les nôtres». Pourtant, après l’incident survenu à Bordeaux, le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) a mis en évidence des défaillances quant au temps de travail des contrôleurs aériens. La moitié du personnel normalement prévue l’était ce jour-là. Un système possible grâce au système de clairance, rappellent nos confrères.
Des prêts de badges qui dérangent
Si le nombre de rotations est insuffisant, les aiguilleurs peuvent ne pas se rendre sur leur lieu de travail. Challenges a également mis en évidence d’autres dérives, comme le fait que certains professionnels se prêtent les badges afin que l’on pointe à leur place. Indispensables pour faire décoller les avions, les contrôleurs aériens ont une rémunération globalement conséquente, évaluée à environ 8 000 euros mensuels avec les primes.
>> Notre service - vol annulé / retardé, êtes-vous éligible à une indemnisation ?


















