Une véritable avancée dans la prévention du VIH. Si les Etats-Unis ont approuvé, au mois de juin dernier, la commercialisation du Yeztugo, la Commission européenne a donné son feu vert à la commercialisation dans l'Union européenne. Il s’agit du nouveau traitement préventif contre le VIH du laboratoire américain Gilead. Dans le communiqué de l’entreprise, le professeur Jean-Michel Molina, spécialiste des maladies infectieuses aux hôpitaux parisiens Lariboisière et Saint-Louis, rappelle que «l’UE et l'Espace économique européen enregistrent, chaque année, quelque 25 000 nouveaux cas positifs au VIH».

Ainsi, ce chiffre «montre clairement que les modes de prévention actuels ne fonctionnent pas pour l'ensemble de ceux qui en ont besoin, en particulier pour les populations vulnérables». Si la plupart des concurrents nécessitent la prise quotidienne d'un comprimé, le Yeytuo, nom donné pour l’Europe à ce traitement, ne requiert, quant à lui, que deux injections annuelles. De quoi faire espérer une meilleure prévention au sein des populations à risque, notamment dans les pays en développement.

Une baisse du risque de transmission du VIH de plus de 99,9 %

La question de son prix suscite également des inquiétudes. Peu avant que le Comité des médicaments à usage humain, rattaché à l'Agence européenne des médicaments (EMA), rende en juillet un avis favorable à la mise sur le marché du Yeytuo, Gilead avait affirmé à l'AFP que le Yeztugo coûterait plus de 28 000 dollars par an et par patient. Mais le Fonds mondial, un partenariat public-privé, a immédiatement annoncé la signature d'un contrat avec Gilead afin de faire parvenir le traitement préventif aux pays à revenus faibles ou intermédiaires. À l’heure actuelle, les essais cliniques ont montré une réduction du risque de transmission du VIH de plus de 99,9 % chez les adultes et les adolescents.