A quoi faut-il s’attendre pour cette journée du 18 septembre ? Après un premier mouvement de grève et de manifestations mercredi 10, à l’appel du mouvement «Tout bloquer», une nouvelle journée de mobilisation est attendue avec des perturbations dans de nombreux secteurs huit jours plus tard. Cette journée de mobilisation sociale s’annonce largement suivie à travers toute la France. A ce jour, les autorités ont recensé près de 250 rassemblements officiellement déclarés sur l’ensemble du territoire, selon BFMTV ce mardi 16 septembre. La mobilisation pourrait avoisiner les 800 000 manifestants.

Dans un premier temps, le premier à dégainer n’était autre que le transport aérien. Début septembre, le syndicat SNCTA avait prévu de déposer un préavis de grève nationale en invoquant «un échec du dialogue social».

Grève reportée dans le secteur aérien

Vendredi 12 septembre, les contrôleurs aériens ont finalement décidé de reporter leur grève, le SNCTA estimant ne plus avoir d'interlocuteur pour négocier. Le syndicat indique aux Echos attendre la prise de fonction du nouveau patron de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), Chems Chkioua, qui est prévue début octobre. «La date du 18 septembre n'est plus compatible avec la possibilité de faire aboutir les revendications faute d'interlocuteurs et de temps nécessaire qui leur serait consacré», peut-on lire dans leur communiqué.

Si les contrôleurs renoncent, pour le moment, à faire grève, les syndicats de certaines compagnies poursuivent. FO Air France a notamment appelé à rejoindre le mouvement avec un préavis de grève «de 1 à 24 heures». Le syndicat dit «combattre l’austérité». Ils seront suivis par la CFDT et la CGT Air France, qui dénoncent notamment la suppression de deux jours fériés.

Grosses perturbations en vue à la SNCF…

Toutefois, dans les transports, la situation risque d’être beaucoup plus compliquée que le 10 septembre. En effet, à l’appel des principales organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires), le mouvement risque d’être suivi, souligne Le Parisien. Concrètement, les trois syndicats les plus représentatifs de la SNCF (CGT-Cheminots, Unsa-Ferroviaire et CFDT-Cheminots) appellent à une mobilisation massive «toutes les cheminotes et tous les cheminots».

«Le budget tel qu'il est construit aujourd'hui est très violent, il touche évidemment l'ensemble des salariés du pays», a déclaré à l'AFP Thierry Nier, secrétaire général du premier syndicat du secteur, la CGT-Cheminots. Ce mardi 16 septembre, le ministre des Transports annonce que 90% des TGV seront en circulation. S'agissant des TER, il précise que 3 sur 5 circuleront. Si le détail des horaires des trains en circulation sera communiqué mercredi à partir de 17 heures, la SNCF annonce déjà d'importantes perturbations sur plusieurs lignes. En Ile-de-France, les RER A, B et C connaîtront un trafic «perturbé», bien que l’interconnexion soit maintenue à la Gare du Nord. En revanche, la circulation sur les RER D et E sera «fortement perturbée», précise la SNCF sur son compte X.

…idem à la RATP

La journée du 18 septembre s’annonce marquée par de nombreuses perturbations dans les transports franciliens. Si les métros et bus fonctionnaient quasi normalement il y a quelques jours, les principaux syndicats (CGT, FO, Unsa Mobilité et la CFE-CGC) de la RATP ont également appelé à «une journée de grève et de manifestation massive». Est venu s’ajouter La Base, syndicat majoritaire parmi les conducteurs de RER, ce qui devrait toucher le réseau ainsi que le Transilien.

«La journée sera difficile pour les utilisateurs de transports en commun», a prévenu ce mardi après-midi le ministre des Transports Philippe Tabarot, lors d’une conférence de presse. Un jeudi noir s'annonce dans les transports d’Ile-de-France et à Paris, alors que le syndicat Force ouvrière (FO) affirmait, lundi à la mi-journée, que «plus de 80% du personnel de conduite» s'était déjà déclaré gréviste sur le réseau RATP.

Seules les trois lignes de métro automatiques - les lignes 1, 4 et 14 - resteront entièrement fonctionnelles. Pour les autres lignes du réseau, le trafic sera «perturbé» et assuré uniquement en heures de pointe sur les lignes 7, 9, 10 et 13, précise la RATP sur son site Internet. Le trafic sera par ailleurs «très perturbé» sur les lignes 2, 3, 3bis, 5, 6, 7bis, 8, 11 et 12, avec une circulation assurée uniquement en heures de pointe par les agents de la RATP. Prévoir un trafic perturbé pour les RER A et C, très perturbé pour les RER B, D et E.

Certaines lignes de bus «pourraient être totalement fermées»

Côté bus, 70% des lignes circuleront normalement ou quasi-normalement, précise la RATP. Concernant le tramway, le trafic restera normal sur les lignes T1, T2, T3a, T3b, T6, T9, T11, T12, T13 et T14. En revanche, des perturbations sont à prévoir sur les lignes T4, T5, T7, T8 et T10. Du côté des trains Transilien, le ministre des Transports Philippe Tabarot évoque un trafic très hétérogène selon les lignes. Le trafic sera «perturbé» sur les lignes K, L, P et V ; «fortement perturbé» sur les lignes H, N, R et U. La ligne J devrait quant circuler normalement. Sur son site Internet, la RATP invite les voyageurs à «privilégier le télétravail ou à différer leurs déplacements sur le réseau».

Quelles perturbations à prévoir dans les écoles ?

La FSU-SNUipp, premier syndicat des enseignants des écoles, estime ce mardi qu'un tiers des professeurs des écoles seront en grève jeudi, à l’occasion de la journée d'action intersyndicale. Les organisations syndicales - CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires - appellent en effet à faire grève et manifester pour protester contre des mesures budgétaires jugées «brutales», que le nouveau Premier ministre n'a pour l'heure pas écartées.

Le 18 septembre, de nombreuses officines devraient être fermées

Autre secteur à dénoncer la politique du gouvernement : le monde médical, et en particulier les pharmaciens. Une première fermeture des officines est prévue ce 18 septembre comme l’avait déjà évoqué Capital, avant un mouvement reconductible potentiellement les samedis. «La trahison est actée, la colère des pharmaciens n'en est que décuplée», avait dénoncé la Fédération des pharmaciens d'officine (FSPF) à propos de la baisse des remises sur les génériques. Selon Le Parisien, ils pourraient être suivis par les kinésithérapeutes libéraux.

La grève dans le secteur de l’énergie prolongée

Entamée début septembre, la grève dans le secteur de l’énergie (électricité et gaz) continue au moins jusqu’au 18 septembre, date de cette grande journée de mobilisation. La CGT compte dénoncer la diminution des taxes sur l’énergie et réclame des revalorisations salariales.

Pas de VTC dans les rues de la capitale ni en régions ?

Enfin, à l’appel du syndicat FO-INV, la disponibilité en VTC pourrait être fortement réduite ce jour-là. Le secrétaire général du syndicat ayant appelé les chauffeurs à se déconnecter de leur application notamment pour «une justice sociale et fiscale» et la «revalorisation de leur travail». Reste à connaître la mobilisation également des fonctionnaires et salariés du privé. Contacté par BFMTV, le renseignement territorial n’avait encore rien chiffré, mais s’attend à un mouvement d’ampleur : «Il y aura un gros contingent de fonctionnaires, d'enseignants, de salariés du privé, en plus de tous ceux qui étaient dans la rue le 10 septembre.»

Les agriculteurs en colère mobilisés le 26 septembre ?

Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, a annoncé dans un entretien au Journal du dimanche, paru le 14 septembre, une «grande journée d’action» le vendredi 26 septembre, consacrée aux échanges internationaux de produits agricoles et organisée dans toute la France. Cette mobilisation visera à dénoncer «le Mercosur, les taxes imposées par Donald Trump et le flot des importations internationales qui ne respectent pas les normes qui sont les nôtres», a expliqué le responsable syndical. Evoquant l’exemple des œufs importés d’Ukraine, Arnaud Rousseau a poursuivi : «A l’image des œufs ukrainiens : tous ces produits qui entrent sur notre territoire et que nous ne voulons pas voir dans nos assiettes, car ils sont dangereux pour la santé et pour l’environnement !»

Si, dans l’entretien, il évoque la date du 25 septembre, la FNSEA a ensuite précisé que la mobilisation aura bien lieu le vendredi 26 septembre. Un porte-parole du syndicat a précisé à l’AFP : «Les actions sont à l'appréciation des fédérations départementales mais ça peut prendre la forme de visite de grandes surfaces pour aller chercher tous les produits non conformes.» Ces actions seront menées conjointement avec les Jeunes Agriculteurs (JA).

Hostiles à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, la FNSEA et les JA rappellent que celui-ci permettrait à l’UE d’exporter davantage de voitures, de machines, de vins et de spiritueux vers l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay, en contrepartie d’un accès facilité à la viande, au sucre, au riz, au miel ou encore au soja sud-américains, un risque jugé lourd pour certaines filières agricoles européennes. Le syndicat avait déjà annoncé une mobilisation cet automne, tout en refusant de participer au mouvement «Bloquons tout» du 10 septembre afin d’éviter toute «récupération politique». Enfin, le porte-parole de la FNSEA a ajouté : «Nous attendons une date de rendez-vous avec (le nouveau Premier ministre) Sébastien Lecornu dans les prochains jours.»