
Les Etats-Unis ne font plus rêver. C'est le constat dressé par un rapport de Tourism Economics (entreprise spécialisée dans l'analyse économique du secteur du tourisme), publié fin février et relayé par 20 minutes. Les entrées de visiteurs étrangers devraient reculer de 5,1 % par rapport à 2024, alors qu’une hausse de 8,8 % était initialement attendue. Et pour le président de Tourism Economics, Adam Sacks, la situation pourrait même encore empirer.
En cause, selon ses mots, «les conséquences de l’antipathie envers les États-Unis» et leur président. Ces dernières semaines, l’administration Trump a en effet multiplié les décisions clivantes : augmentation des droits de douane contre le Canada, le Mexique et la Chine, menaces de sanctions contre l’Union européenne, fermetures d’agences gouvernementales, licenciements de fonctionnaires… Sans oublier les tensions accrues sur les conflits en Ukraine et à Gaza.
Un manque à gagner colossal
Autre raison pointée par le document : la crainte d’un bond des prix avec un dollar plus fort. En 2025, les dépenses des touristes sur le sol américain devraient être inférieures de 10,9 %. Cette conjoncture est donc préjudiciable au secteur. Les experts anticipent une baisse des arrivées internationales, notamment en provenance d’Europe de l’Ouest, du Canada et du Mexique, qui représentaient ensemble 57 % des visiteurs en 2024. L’U.S. Travel Association avait d'ailleurs déjà mis en garde contre l’impact des taxes douanières sur la venue des Canadiens, qui forment le plus grand contingent de touristes étrangers (20,4 millions en 2024).
Les premiers effets sont déjà visibles : Statistics Canada rapporte une baisse de 23 % des retours frontaliers de Canadiens en février, deuxième recul mensuel consécutif. La compagnie aérienne United Airlines constate également une forte diminution des réservations en provenance du Canada et un fléchissement de la demande intérieure. Au total, Tourism Economics estime que l’industrie touristique américaine pourrait perdre jusqu’à 64 milliards de dollars en 2025. Un coup dur pour un secteur essentiel à l’économie du pays.


















