C’est une mesure que l’on pensait abandonnée et qui pourtant refait surface. Supprimée dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025, l'exonération de cotisations vieillesse pour les médecins en cumul emploi-retraite revient finalement discrètement. Un décret publié le 13 août au Journal officiel réintroduit en effet cet avantage, à condition toutefois que les praticiens exercent dans des zones sous-dotées en médecins — les ZIP (zones d’intervention prioritaire) — et que leurs revenus ne dépassent pas 70 000 euros par an, comme l’explique BFMTV.

Objectif affiché : inciter les médecins retraités à poursuivre leur activité dans les déserts médicaux. Mais la mesure suscite des critiques. Du côté de la CARMF (Caisse autonome de retraite des médecins de France), on redoute un effet contre-productif : en allégeant les charges des retraités, le dispositif pourrait encourager les départs anticipés de médecins encore en exercice, et nuire à la continuité des soins. «Cela va dégrader la démographie médicale», alerte auprès de nos confrères la CARMF, soulignant que les praticiens en cumul exercent souvent à temps partiel.

Une exonération ciblée

Le décret fait aussi débat parmi les syndicats. Pour Jérôme Marty, président de l'Union française pour une médecine libre (UFML), cette mesure est un mal nécessaire face à l’échec des politiques visant à offrir un médecin traitant aux patients en affection longue durée (ALD). A l’inverse, MG France dénonce un dispositif inéquitable, qui pénaliserait les actifs tout en pesant sur les finances de la caisse de retraite.

Dans les faits, les bénéficiaires de cette mesure pourraient être limités. Le plafond de 70 000 euros exclut en effet une grande partie des spécialistes, dont les revenus moyens dépassent 150 000 euros par an selon la Drees. Même les généralistes, avec une moyenne de 98 300 euros, seraient nombreux à en être exclus.