Une menace qui pourrait mettre à mal votre menu de Noël. En raison d’un nombre important d’infections chez les oiseaux sauvages qui empruntent les couloirs de migration descendants, un arrêté a été publié au Journal officiel, le 21 octobre dernier, pour élever le niveau de risque, pour l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), de «modéré» à «élevé» dans toute la France. Ces oiseaux sauvages peuvent potentiellement introduire le virus dans les élevages de volailles.

Depuis le 10 octobre, quatre foyers d’IAHP ont été confirmés dans des élevages commerciaux de volailles et trois foyers dans des basse-cours, situés dans le couloir de migration Atlantique, rapporte le ministère de l’Agriculture. 800 volailles ont ainsi été abattues dans le Cher, ce samedi, selon Le Parisien. «Mes volailles, qui ont l’habitude d’être dehors, sont désormais confinées et je ne peux plus ni les vendre ni faire venir de clients sur place», confie un éleveur dont la ferme se situe dans le périmètre de la ferme touchée par un foyer de grippe aviaire.

Une campagne de vaccination particulièrement coûteuse

C’est ainsi que les producteurs craignent que cette grippe tue, en l’espace de quelques jours, une bonne partie de leur exploitation, et incitent les Français à ne pas mettre volailles et foie gras au menu du réveillon de Noël. Les autorités sanitaires ont engagé, depuis l’automne 2023, une campagne de vaccination des canards. Cette dernière «a très bien fonctionné et permis d’enrayer l’épidémie», reconnaît Muriel Vayssier, chercheuse en microbiologie et spécialiste des maladies animales.

«La campagne de vaccination 2025-2026 des palmipèdes vient de démarrer et la priorité est d’assurer son bon déroulement», explique le ministère de l’Agriculture, auprès du Parisien. Néanmoins, «à la suite d’un arbitrage de Matignon, l’État a décidé unilatéralement de baisser drastiquement sa participation financière de 70 % à 40 %, transférant ainsi la responsabilité de l’achat, de l’acheminement et du stockage des vaccins aux filières concernées, dénonçaient les producteurs». Sauf que les plus de 90 millions d’euros du coût de la campagne de vaccination ne peuvent être supportés par les éleveurs et les filières.