
Les députés écologistes veulent mettre un coup de frein à l’essor des fast-foods en France. Dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2026, ils proposent un amendement instaurant une double taxe pour les établissements franchisés : une taxe à l’ouverture et une taxe annuelle. Selon eux, le nombre de ce type de restaurants «a fortement augmenté en France» ces dix dernières années. Concrètement, un fast-food franchisé devrait payer 50 000 euros à l’ouverture, puis 10 000 euros chaque année dès la deuxième, précise BFMTV. Pour les restaurants situés à moins de 300 mètres d’une école, ces montants seraient doublés : 100 000 euros à l’ouverture et 20 000 euros par an.
Si l’amendement était adopté, il entrerait en vigueur à partir du 1er juillet 2026. «Le marché de la restauration chaînée doit sa croissance davantage à l’extension des réseaux qu’à une hausse de la fréquentation ou du chiffre d’affaires par point de vente», soulignent les députés écologistes, qui alertent sur la prolifération des fast-foods et ses «réels enjeux de santé publique».
Les franchisés dénoncent une taxe injuste
Le texte vise la «restauration de type rapide» de manière générale : burgers, tacos, pizzas, sandwichs, donuts, glaces ou sushis. Dans la nomenclature NAF, sont concernées aussi bien les grandes chaînes américaines (McDonald’s, Burger King, KFC...) que les enseignes françaises (O’Tacos, Bagelstein, Pokawa...). Mais l’amendement ne concerne que les restaurants franchisés. Les établissements indépendants, comme un kebab ou une friterie, ainsi que les restaurants exploités en propre par les chaînes, seraient exempts.
Dans une lettre adressée aux députés fin octobre, la Fédération française de la franchise (FFF), le Syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide (Snarr) et la Fédération des entrepreneurs de boulangerie (FEB) dénoncent une taxe «ciblant, en réalité, des entrepreneurs juridiquement indépendants» et créant «une distorsion de concurrence lourde».
Dans un communiqué ce mercredi 12 novembre, la FEB a de nouveau demandé le retrait de l’amendement : «C’est une rupture d’égalité devant l’impôt et un signal dramatique envoyé à tous les entrepreneurs», déplore-t-elle. Certaines chaînes de boulangerie proposant de la restauration, comme Paul, Feuillette, La Mie Câline ou Brioche Dorée, pourraient également être concernées.


















