Marché noir, internet, réseaux sociaux… Face à l’explosion des prix du tabac, les marchés parallèles se multiplient. Et comme l’a révélé Capital, après une première hausse au 1er janvier, le prix du paquet de cigarettes a augmenté de nouveau au 1er février, globalement de 50 centimes. Par exemple, le prix d’un paquet de 20 Dunhill Rouge est passé de 13,20 euros à 13,50 euros, celui des Gauloises Blondes Bleu de 12,30 euros à 12,50 euros ou celui des Lucky Strike Gold de 12 euros à 12,50 euros.

C’est dans ce contexte que la vente de tabac explose sur internet. Selon les chiffres d’une étude de la start-up Webdrone révélés par Le Parisien, le nombre de produits contrefaits a explosé entre 2023 et 2024 sur le net. Ainsi, le nombre d’annonces en ligne de cigarettes de contrefaçon est passé de 5 958 à 7 427, celui de la contrebande de 5 416 à 12 590 et les autres annonces de 3 592 à 13 995, soit un total en 2024 de 31 604 annonces : plus du double que l’année précédente ! C’est «116%» d’augmentation, peste auprès du Parisien le responsable des affaires publiques chez British American Tobacco (BAT).

Les réseaux sociaux, nouvelles marketplaces

Les acteurs du secteur du tabac ne sont pas vraiment surpris eu égard aux tarifs et à la facilité d’acheter des cigarettes sur les réseaux sociaux. Pour le président de la Confédération nationale des buralistes, des sites sont devenus «de véritables marketplaces». Et pourtant, malgré la baisse des volumes, quinze millions de Français fument toujours. Aujourd’hui, la majorité des annonces est répertoriée sur Facebook (70%), suivi par Snapchat (20%), des endroits où il est «facile d’écouler leurs marchandises et où il y a la demande», déplore le responsable des affaires publiques chez British American Tobacco.

Que ce soit les buralistes ou les fabricants, tous déplorent un manque de contrôle et de modération des réseaux sociaux. Et malgré les obligations de modérer ces contenus, pour le président de la Confédération nationale des buralistes, «Internet est le premier buraliste de France». Même la direction du renseignement et des enquêtes douanières reconnaît que le trafic pourrait encore augmenter.

Meta et Snapchat répondent

En outre, s’il est difficile de faire la différence entre les stocks de cigarettes de contrebande et de contrefaçon, les prix sont naturellement beaucoup moins chers, divisés par deux en général par rapport au prix de vente public. Comme le rappellent nos confrères, Gabriel Attal avait lancé le groupement de lutte anti-trafic de tabac (GLATT). Une bonne chose pour le secteur, sauf que les plateformes ne font pas leur travail, estiment-ils. Meta assure qu’il est interdit «d’acheter ou vendre des produits liés au tabac» et Snapchat dit «supprimer les contenus et les comptes en infraction» lorsqu’ils sont détectés. Visiblement insuffisant.