L’année 2025 a été difficile pour le marché automobile tricolore. Au total, 1,63 million de véhicules neufs ont été immatriculés, enregistrant une baisse de 5% par rapport à 2024, selon la Plateforme automobile (PFA). L’année précédente avait déjà marqué un recul de 3,4%. Depuis 2019, avant la pandémie, le marché a perdu près d’un quart de ses volumes, illustrant une tendance de fond qui reste préoccupante, souligne BFM Business. Le mois de décembre n’a pas inversé la tendance : 172 927 voitures neuves ont trouvé preneur, soit un recul annuel de 5,84%. Le mois comptait en outre 22 jours ouvrables, contre 21 en 2024.

Pour les acteurs du secteur, la situation inquiète. Luc Chatel, président de la PFA, évoquait fin novembre un marché où «le sol se dérobe sous nos pieds». Chez Renault, François Provost, récemment nommé à la tête du groupe, a prévenu que l’industrie traversait «un tournant, avec un risque de décrochage» économique. Le secteur reste pourtant stratégique, employant 13,8 millions de personnes et représentant 7% du PIB européen.

L’électrique gagne du terrain

Du côté des constructeurs, la situation varie selon les marques. Stellantis (Peugeot, Citroën, Fiat, Jeep…) a enregistré un recul marqué de 7%, malgré de bonnes performances pour Alfa Romeo. A l’inverse, Renault progresse légèrement (+1,2%), porté notamment par Alpine. Ensemble, ces deux groupes représentent plus de la moitié du marché français, avec des modèles phares toujours très demandés : la Clio V, la Peugeot 208 II et la Dacia Sandero 3.

Les ventes de véhicules électriques neufs ont, quant à elles, progressé de 12% en 2025, soutenues par les aides gouvernementales et le verdissement des flottes d’entreprise, atteignant 20% de parts de marché et franchissant le cap des 300 000 unités écoulées, selon le cabinet spécialisé AAA Data. Par ailleurs, un véhicule sur deux vendu en 2025 était un hybride, tandis que l’essence représentait 21,2% et le diesel 4,9% des ventes.

Mais cette progression ne reflète pas une réelle dynamique de marché, souligne un porte-parole de la PFA : elle est surtout le résultat mécanique des mesures incitatives. «Décembre a été dans la continuité de 2025, marquée par l’attentisme des consommateurs», ajoute-t-il. Les incertitudes autour des bonus à l’achat ont en effet pu reporter de nombreuses décisions, créant selon lui «une vraie crise de volumes qui pèse sur l’industrie automobile française et européenne».

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