
Le slashing ne date pas d’hier. Mais la pandémie a confirmé, et accélérer, l’intérêt des entreprises pour ce dispositif plus ou moins encadré selon les structures. Forvis Mazars s’adapte ainsi à cette nouvelle tendance depuis 2020. «Après le Covid, nous avons décidé de faire sauter une clause interdisant aux collaborateurs d’exercer plusieurs activités professionnelles», raconte Charlotte Gouiard, directrice du recrutement et de la marque employeur, «nous conservons une clause de non-concurrence mais nous acceptons la multiactivité en dehors du cabinet».
Cette souplesse, qui répond à des attentes sociétales autour de la notion de sens au travail, incite les collaborateurs à se lancer dans des projets parallèles. Recrutés à temps complet, ils développent des idées, voire une structure, sans impact sur leurs tâches quotidiennes au bureau. «Cela représente un atout en termes d’attractivité pour toute une génération qui espère travailler sur des métiers passion», commente Charlotte Gouiard.
Un cumul stimulant
Aujourd’hui, Forvis Mazars compte une quinzaine de slasheurs «déclarés» dans des secteurs très variés : coaching de dirigeant, gérant de restaurant, youtubeur, influenceur, conférencier, thérapeute, sportif de haut niveau, etc. «Nous avons même un producteur de vin et une taxidermiste qui vend ses créations en ligne», glisse Charlotte Gouiard. Sébastien Binet, consultant en conduite du changement a intègré le cabinet en 2022 fait également partie de la team slasheurs.
En plus de son boulot chez Mazars Forvis, il dirige un club de handball amateur depuis plus de dix ans. A raison de 3 heures par soir et ses week-end, soit environ 25 heures par semaine. «Tout ce que j’ai acquis comme expérience au sein du club, m’a permis de vendre ma capacité à mieux m’organiser dans mon poste», témoigne-t-il. «Je suis animé par l’aventure humaine, le collectif.» En plus de cette double casquette, une opportunité le conduit à ouvrir le restaurant L’impro, en novembre dernier, avec son frère chef cuisinier et un ami, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).
Sébastien Binet participe aux travaux, à l’élaboration du business plan, se charge du service le vendredi soir en cas de besoin. «J’imagine difficilement ma vie avec une seule activité, cela me stimule.» Le management admire sa capacité à démultiplier ses talents. «La richesse du cabinet est de pouvoir parler de nos projets personnels, qui sont encouragés et bien accueillis et c’est rassurant. On sent bien la volonté de soutenir le développement personnel», ajoute-t-il.
Un rôle de garde-fou nécessaire
Pour accompagner au mieux les slasheurs, la direction responsabilise chacun pour éviter tout abus. «Notre rôle consiste à garantir l’équilibre entre leur activité à 100% et leur deuxième activité», glisse Charlotte Gouiard. A ce jour, aucun des collaborateurs n’a quitté son CDI pour se lancer. Leurs occupations parallèles ne sont, pour la plupart, pas assez rémunératrices. «Nous organisons des aménagements de temps de travail si besoin». Ces belles histoires existent parce qu’elles sont plurielles.
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