
Chaque mois, pas moins de 55 000 personnes sortent des radars de France travail. Non pas parce qu’elles ont trouvé un emploi, mais bien parce qu'elles ont été radiées. Une sanction administrative qui peut intervenir pour trois motifs : l’absence de réponse à une convocation (62 % des cas), une recherche d’emploi jugée insuffisante (35 %), ou une fraude (3 %). Les conséquences sont lourdes pour les personnes radiées qui peuvent voir leurs allocations chômage suspendues, partiellement (uniquement le temps de la radiation) ou totalement.
Mais que deviennent ces personnes après leur radiation ? Et quels sont les profils les plus représentés parmi les radiés de France Travail ? Une étude publiée cette semaine par la Direction de l’Animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) apporte des éléments de réponses à ces questions.
Premier enseignement de l’étude, globalement, les personnes radiées de France Travail connaissent un accès plus difficile à l’emploi salarié. Un mois après leur radiation, seuls 31 % des radiés sont en emploi, contre 48 % pour l’ensemble des sortants de France Travail. De plus, le recours au revenu de solidarité active (RSA) progresse après une radiation, surtout chez les anciens allocataires de l’assurance chômage. Trois mois après leur sortie, 28 % des radiés en bénéficient, contre 14 % des autres sortants. Alors que le nouveau régime de sanctions de France Travail est entré en vigueur le 1er juin 2025, ces données rappellent une chose : si la radiation n’est pas toujours synonyme d’inactivité, elle reste un marqueur fort de précarité.
Les fraudeurs sont les plus nombreux à trouver un CDI
Mais ces chiffres masquent une réalité plus contrastée selon le motif de la radiation. En effet, paradoxalement, ce sont les personnes radiées pour fraude, par exemple pour dissimulation d’activité professionnelle, qui s’en sortent le mieux. Un mois après leur sortie, les fraudeurs sont ainsi 70 % à occuper un emploi salarié, soit plus du double des radiés pour non-réponse à une convocation (30 %) ou pour une recherche d’emploi jugée insuffisante (27 %). Cela s'explique principalement par une raison simple : beaucoup de ces personnes inscrites à France Travail travaillaient déjà avant d’être radiées, de manière non déclarée. La radiation n’est donc pas, pour elles, un obstacle à l’emploi… puisqu’elles n’en ont jamais véritablement été éloignées.
L’étude permet également d’en savoir plus sur les profils des personnes radiées de France Travail. D'après la Dares, 61% des radiés sont des hommes (qui ne représentent que 50% des chômeurs non sanctionnés), et 28% ont moins de 25 ans. De plus, seuls 5% des radiés disposent d’un Bac+3 ou plus, quand ils sont 15% parmi les autres inscrits. A noter que les personnes radiées vivent aussi plus souvent seules, sans enfant (58% contre 49%), et sont davantage concentrées dans les quartiers prioritaires (18% contre 13%). Précisons pour terminer qu’entre 2023 et 2024, 1 radié sur 3 (30%) avait déjà été exclu entre 2021 et 2022.


















